Worthington/Warrington et la Rolls-Royce - 1ère Partie (Tome 1)

T. Yamamoto, 1968.
  Parmi les personnages secondaires de la série, il en est un qui pourrait quasiment être qualifié de quatrième détective. Il s'agit de Worthington/Warrington (le nom a-t-il été modifié à cause du "th" pas toujours maîtrisé par les français?), le chauffeur britannique indissociable de la Rolls-Royce dont Jupiter/Hannibal a mérité l'utilisation temporaire équivalente à trente jours. Dans cette série d'articles, outre les nombreuses illustrations, plusieurs points seront abordés: les avantages et les inconvénients d'un tel mode de transport, la durée allouée au détectives pour son utilisation et l'évolution de la complicité qu'ils entretiendront avec le chauffeur.

Jacques Poirier, 1966.

  Dans le tout premier chapitre de la série, le lecteur apprend les circonstances exactes du concours auquel Jupiter/Hannibal a participé. L'extrait ci-dessous fait partie de la conversation entre Bob Andrews/Andy et sa mère:

  "Incidentally, what on earth was that story on the front of yesterday's paper about Jupiter's winning the use of a Rolls-Royce sedan for thirty days?"
  "It was a contest the Rent-'n-Ride Auto Rental Company had," Bob told her. "They put a big jar full of beans in their window and offered the Rolls-Royce and a chauffeur for thirty days to whomever guessed nearest to the right number of beans. Jupiter spent about three days calculating how much space was in the jar, and how many beans it would take to fill that space. And he won...[...]"

  "[...] A propos, quelle est cette histoire que j'ai lue dans le journal d'hier? Hannibal a gagné la location d'une Rolls pour un mois?
  -Oui, m'man. C'était un concours organisé par une société de location de voitures. Il y avait une jarre pleine de haricots secs dans une vitrine, et il fallait deviner le nombre de haricots. Celui qui donnerait le chiffre le plus proche du chiffre exact aurait droit à une Rolls avec chauffeur pendant trente jours! Hannibal a fait des calculs sur le volume moyen des haricots, etc. Et il a gagné!... [...]"

  C'est une heureuse victoire que le chef des détectives pourra mettre immédiatement à profit de l'agence qu'il vient de créer. N'étant pas autorisés à conduire, le trio détient donc la possibilité de se rendre à des endroits lointains et inaccessibles à pied ou à vélo:

  "And now my winning the use of a Rolls-Royce sedan for thirty days of twenty-four days of twenty-four hours each, gives us freedom to seek mystery wherever we may find it. For a certain time anyway."

  "Maintenant que j'ai gagné cette Rolls dont j'aurai la libre disposition pendant trente jours, nous pouvons, sans la moindre difficulté, nous lancer à la recherche d'énigmes à percer."

Jacques Poirier, 1979.

  La traduction n'est pas aussi précise sur le temps imparti pour l'utilisation de la voiture de luxe. Et pourtant les propos de Jupiter sont importants sur ce point. "For a certain time anyway", qu'on peut traduire par "Du moins pour un certain temps." est omis, et pourtant c'est une phrase destinée à nous dire que Jupiter a conscience de l'aspect temporaire de cette aide précieuse. De même, quand il insiste sur "twenty-four hours each"/"de vingt-quatre jours chacun", ce n'est pas par pur chipotage. Nous verrons au fil de cette série d'articles à quel point l'existence même des Trois Jeunes détectives dépend de cette durée.

  Autre avantage de la Rolls-Royce et de son chauffeur, ils rassurent encore plus les parents de Peter et de Bob lorsqu'il est question de virée lointaine et nocturne (Chapitre 4). La traduction omet un détail important sur la façon dont Jupiter/Hannibal est perçu par les parents respectifs de ses comparses:

  "Both Pete and Bob had told their families they were going driving with Jupiter in the car he had won for thirty days. Their parents seemed to feel that as long as Jupiter was with them everything would be fine. And then, of course, they knew that Worthington, the chauffeur, went with the car."

  "Les parents avaient autorisé une promenade nocturne, sachant que Warrington, dont le sérieux était connu, serait de la partie."

  Cette victoire de Jupiter.Hannibal ne sera cependant pas sans contrepartie. Elle sera tellement médiatisée et connue de tout Rocky Beach que cela desservira à l'enquête. En premier lieu, on pense bien sûr à l'implication de Skinny Norris qui sera évoquée dans la première partie de la série d'articles consacrée à ce personnage. Mais cela se révèlera avoir été un inconvénient quand, lors du dénouement Jonathan Rex/Stephen Terrill éclaircira comment il a pu entretenir la supercherie du Terror Castle/château des Épouvantes  (Chapitre 18):

Jacques Poirier, 1966.
   
  "When [Charles Grant] saw the Rolls-Royce go up the canyon, I recognised it from his description as being the car I has read about in the paper. And of course I had also read that you were the one who had won the use of it."

  "Charles a vu votre Rolls remonter le cañon et me l'a décrite. Je l'ai reconnue, car j'en avais lu la description dans le journal, qui donnait aussi le nom de l'heureux gagnant."

  Mais revenons plus tôt dans le roman, où le lecteur fait la connaissance plus concrète de Worthington/Warrington et de la Rolls, en même temps que Jupiter/Hannibal et Peter (Chapitre 2). Cette première rencontre mérite d'être citée dans la longueur, car elle installe plusieurs éléments concernant la relation entre les personnages:

Jacques Poirier, 1966.

  "[...] The big car arrived [...]. It was a Rolls-Royce of rather ancient vintage, with huge headlights like snare drums and a tremendously long hood. The body was square and box-like. But all the trimming - even the bumpers - was gold-plated, and it gleamed like jewellery. The black body shone with such a deep lustre it was almost a mirror.
  "Golly," Pete said reverently as the car came towards them. "It looks like a car a billionaire, a hundred and ten years old would ride in."
  "The Rolls-Royce is the most expensive regular production model car in the world," Jupiter said. "This one was originally built for a rich Arabian sheik of luxurious tastes. Now the company uses it mostly for publicity purposes."
  "The car came to a stop, and the chauffeur whipped out of the front seat. He was a lean, powerfully built man more than six feet tall, with a long, good-humoured face. He removed his chauffeur's cap and adressed Jupiter.
  "Master Jones?" he said. "I am Worthington, the chauffeur."
  "Uh - glad to meet you, Mr. Worthington," Jupiter said. "But call me Jupiter, like everybody else."
  "Please, sir." Worthington looked pained. "You must adress me simply as Worthington. That is customary. It is also customary for me to address my employers in a somewhat formal manner. You are now my employer, as it were, and I would prefer to adhere to custom."
  "Well, all right, Worthington,"Jupiter said. "If it's customary."
  "Thank you, sir. Now the car and I are at your service for thirty days."
  "Thirty days of twenty-four hours each," Jupiter said. "That's how the contest rules were worded."
  "Precisely, sir." Worthington opened the rear door. "Will you enter?"
  "Thank you," Jupiter said, as he and his partner clambered in. "But you don't have to open doors for us. We're young enough to do that for ourselves."
  "If you don't mind, sir," Worthington answered, "I would prefer to render every service I'm supposed to. If I don't, I might get slack in the future."
  "I see." Jupiter mulled over as Worthington took his place behind the wheel. "But we may want to get in or out in a hurry sometimes, Worthington. We might not be able to wait for you. Suppose we get in and out by ourselves, except at the beginning and ending of a trip."
  "Very good, sir." In the rear-view mirror they could see the British chauffeur smiling. "A very neat solution."
  "Uh-we probably won't be as difnified as most of the people you've driven around," Jupiter confided. "And we may want to go to some unusual spot... This will explain."
  He handed one of The Three Investigators' business cards to Worthington, who studied it gravely.
  "I believe I understand, sir," Worthington said. "I am quite looking forward to this assignment. It will be a change to drive someone young and adventurous. Most of my passengers recently have been rather elderly and cautious. Now our first destination, sir?"
  Peter and Jupiter found themselves taking a great liking to the chauffeur." 

Jacques Poirier, 1966.

  "C'était une Rolls-Royce d'un modèle ancien, avec des phares gros comme des tambours, un capot d'une longueur démesurée, le corps en forme de caisse. Mais sur la carosserie noire et aussi brillante qu'un miroir, étincelaient de somptueuses garnitures qui, toutes, y compris les pare-chocs, étaient plaquées or.
  "Ça, murmura Peter très impressionné, c'est une voiture pour centenaire milliardaire, ou pour milliardaire centenaire.
  -La Rolls est la voiture la plus chère de celles qui sont fabriquées en série, dans le monde entier, précisa Hannibal. Celle-ci appartint d'abord à un cheik arabe qui avait des goûts fastueux. Maintenant, elle est surtout utilisée pour la publicité."
  Le chauffeur avait bondi de son siège. C'était un homme de haute taille, maigre mais robuste, avec un long visage à l'expression débonnaire. La casquette à la main, il s'adressa à Hannibal Jones.
  "Monsieur Hannibal, je pense, fit-il. Je suis Warrington, le chauffeur.
  -Euh..., enchanté de faire votre connaissance, monsieur Warrington. Appelez-moi donc Hannibal."
  Le chauffeur parut choqué.
  "Au contraire, je me vois obligé de demander à Monsieur de bien vouloir m'appeler seulement Warrington. C'est l'usage. Je dois, de mon côté, m'adresser à mes employeurs avec toutes les marques extérieures du respect. C'est aussi l'usage. Comme Monsieur se trouve être actuellement, en quelque sorte mon employeur...
  -Bon, bon, parfait, Warrington, dit Hannibal. Puisque c'est l'usage.
  -Je remercie Monsieur. Le véhicule et moi-même sommes à la disposition de Monsieur pour trente jours.
  -Trente jours de vingt-quatre heures. C'était prévu dans le règlement du concours.
  -Certainement, Monsieur, fit Warrington en ouvrant la portière arrière. Donnez-vous la peine de monter.
  -Merci, Warrington. Mais vous savez que mon ami et moi, nous sommes encore assez jeunes pour ouvrir la portière nous-mêmes.
  -Si monsieur n'y voit pas d'inconvénient, je préfère ne pas risquer de perdre mon entraînement.
  -C'est entendu. Mais il peut nous arriver d'être si pressés que nous n'ayons pas le temps d'attendre que vous fassiez le tour de la voiture. Je vous propose ceci: nous manœuvrerons les portières sauf au point initial et au point final de chaque expédition." 
  Dans le rétroviseur, les garçons purent voir que le chauffeur - un Anglais - se permettait un sourire.
  "Solution élégante, reconnut-il.
  -Je suppose, reprit Hannibal, que vous n'allez pas nous trouver aussi solennels que les gens que vous avez véhiculés jusqu'ici. Et nous vous demanderons peut-être, certains jours, de nous conduire dans des endroits bizarres. Voici l'explication."
  Hannibal tendit au chauffeur une de ses cartes d'affaires. Warrington la lut attentivement.
  "Je crois comprendre, déclara-t-il. Puis-je me permettre d'ajouter que je me fais un plaisir de transporter des personnes jeunes et à l'esprit aventureux? La plupart de mes passagers ne répondent guère à ces caractéristiques. Maintenant où dois-je emmener monsieur?"
  Peter et Hannibal échangèrent un coup d’œil: décidément, ce chauffeur leur plaisait."

Jacques Poirier (4ème de jaquette), 1966.

  Worthington/Warrington fera de nombreuses autres apparitions dessinées (surtout par Jacques Poirier) tout au long de The Secret of Terror Castle/Au Rendez-vous des revenants, notamment lorsque les détectives vont proposer leurs services à Alfred Hitchcock dans le même chapitre (tous les détails de cette rencontre figurent dans l'article principal). Ci-dessous, deux de ses apparitions illustrées (volontairement tronquées puisqu'elles sont intégrées dans leur intégralité dans l'article principal) lors de l'entrée dans les studios du réalisateur. La première est celle d'Harry Kane, la seconde celle du japonais T. Yamamoto.

H. Kane (Détail), 1964.
T. Yamamoto (Détail), 1968.





















  On l'a vu lors de sa première apparition, il expliquait déjà aux détectives que sa fonction n'allait pas sans obligations. Dans le Chapitre 8, il nous énonce lui-même une autre des consignes qu'il doit respecter lors de son service:

  "[...] When you did not appear, I began to fear for your safety. My orders are that I must never let this car out of my sight, but if you had not appeared in another moment, I would have come in search of you."

  "[...] Ne vous voyant pas revenir, j'ai craint pour votre sécurité. Bien que je n'aie pas le droit d'abandonner la voiture, je serais allé à votre recherche si vous n'étiez

... à laquelle il fera une entorse dans le Chapitre 17:

Jacques Poirier, 1966.

  "Worthington and Bob Andrews were getting anxious. They had been sitting in the Rolls-Royce an hour, waiting for Jupiter and Pete to come back, but so far there had been no sign of them. Every five minutes Bob hopped out of the big car to look up Black Canyon. And every ten minutes or so Worthington got out and took a look, too. It was like staring down the throat of a giant snake.
  "Master Andrews," Worthington said at last. "I thin that I should go after them."
  "But you can't leave the car, Worthington," Bob reminded him. "You're not supposed to let it out of your sight."
  "Master Jones and Master Crenshaw are more important than an automobile," Worthington said. "I am going to search for them."
  He got out of the Rolls and opened the boot. Bob was right beside him as the chauffeur picked out a big emergency electric lantern.
  "I'm coming with you, Worthington," Bob said. "They're my buddies."
  "Very well, we shall go together."
  Worthington paused to take a heavy hammer out of the boot, in case he needed a weapon, and then thay started up Black Canyon."

Jacques Poirier, 1979.
  
  "Warrington et Bob Andy commençaient à s'inquiéter sérieusement. Il y avait une bonne heure qu'ils
attendaient dans la Rolls-Royce. Hannibal et Peter ne revenaient pas. Toutes les cinq minutes, Bob descendait de voiture et scrutait le cañon. Toutes les dix minutes, Warrington descendait aussi. Le cañon s'étendait, noir et tortueux, comme un serpent python!
  "Monsieur Bob, dit enfin Warrington, il me semble que nous devrions aller à leur recherche.
  -Mais, Warrington, vous n'avez pas le droit d'abandonner la voiture.
  -M. Hannibal et M. Peter sont plus importants que n'importe quelle voiture. Je vais les chercher."
  Le chauffeur descendit une fois de plus et ouvrit le coffre arrière, où il prit une grande torche électrique.
  "Je viens avec vous, Warrington, déclara Bob. Après tout, ce sont mes copains.
  -Très bien, nous irons ensemble."
  Warrington prit encore la précaution de se munir d'un gros marteau pour le cas où il aurait besoin d'une arme. Puis l'homme et le garçon se mirent en route."

  C'est bien sûr lui qui accompagne nos amis, quelque soit la combinaison (Jupiter/Hannibal et Pete, Pete/Bob ou les trois à la fois), à chaque visite au château des Epouvantes. Il mouillera même la chemise lors de la dernière d'entre elles. Jacques Poirier le dessinera de nombreuses fois en compagnie de Bob alors qu'ils se lancent, dans le Chapitre 17, à la recherche de Peter et Juptier/Hannibal dans ce qui sera le premier jeu de pistes de la série où les des traces de craies servent de repères à nos héros. Vous trouverez deux illustrations dans le premier de la série d'articles consacrée au point d'interrogation.
  Le japonais Yamamoto dessine le chauffeur une fois de plus, de dos, alors qu'ils n'aperçoivent plus de traces à la craie. C'est une des femmes ayant capturé Jupiter/Hannibal et Peter qui leur donnera une direction à prendre:

  "Then, unexpectedly, they heard a sound like a rock scraping against another rock. A moment later they saw a glimmer of light, coming from far down the middle corridor.
  "Master Jones!" Worthington shouted. "Is that you?"
  For a brief second they saw a woman holding a lighted lantern. Then the light vanished and they heard the sound of scraping rocks again. Once more everything was dark and silent.
  "After her!" Worthington shouted. He dashed down the corridor [...]."

T. Yamamoto, 1968.

  "Soudain il y eut un raclement: le bruit d'un rocher frottant contre un autre rocher. Une lumière brilla dans le corridor du milieu.
  "Monsieur Hannibal, est-ce vous?" cria Warrington.
  Pendant une fraction de seconde, une femme tenant une lanterne allumée apparut au fond du corridor. Puis la lanterne s'éteignit. Des rochers grincèrent de nouveau. Tout ne fut plus que silence et obscurité.
  "Après elle!" cria Warrington.
  Il fonça dans le corridor [...]."

  Quelques lignes plus loin, dans la version de 1979, on le voit en train d'utiliser le gros marteau qu'il avait sorti du coffre de la Rolls:

  "Pulling the heavy hammer out of his belt, he began smashing at the wall. In a moment they both pricked up their ears. One section sounded hollow.
  He gave that spot a few hard smashes, and th cement began to crumble. In no time he had knocked a hole right through the wall."

Jacques Poirier, 1979.
 
  "Saisissant le marteau qu'il avait passé dans se ceinture, il se mit à frapper le mur. Il constata bientôt qu'une partie sonnait creux.
  Alors il cogna à tour de bras et, sous les coups qu'il lui portait, le ciment commença à s'effriter."

  Encore un peu plus loin, Poirier semble dessiner Worthington/Warrington deux fois pour ce qui semble être la même scène du même Chapitre 17 (version de 1966):
 
Jacques Poirier, 1966.
  
  "[...] As he was stooping, he knocked his lantern and drooped it. The light went out. While Bob was feeling round for the lantern, he heard a flapping of wings all round them, then excited squeaks and chirps. The next moment something soft slammed into him in the darkness. Then another object and another flapped against his head.
  "Bats!" Bob yelled in alarm. "Worthington, we're being attacked by giant bats!"
  "Steady, lad!" Worthington said. "Don't panic."
  He got down on his knees to hunt around for his light, while Bob covered his head with his arms. Large, soft creatures were flapping round him now, and one tried to land on his head. He gave a wild yell and knocked it off.
  "Worthington!" he shouted. "They're big as pigeons! They're giant vampire bats!"
  "I think not, Master Andrews," Worthington said as his light finally came on again. He aimed its beam upward, and they could see dozens of things with wings flying around them. But the things were birds, not bats. As soon as they saw the light, they flew towards it, squeaking in their excitement.
  Worthington snapped off the lantern.
  "The light attracts them," he shouted to Bob. [...]"

Jacques Poirier, 1966.
  "[...] En se baissant, Warrington heurta le mur avec sa torche. La torche lui échappa et s'éteignit. Bob
commença à la chercher à tâtons. A ce moment, il entendit des battements d'ailes et de petits cris aigus. Un objet mou lui frappa la poitrine dans l'obscurité et rebondit. Un autre objet - soyeux ou velu - l'atteignit à la tête.
  "Des chauves-souris! hurla Bob. Warrington! Nous sommes attaqués par des chauve-souris géantes!
  -Du calme, répondit Warrington. Pas de panique."
  Agenouillé, il cherchait toujours sa torche. Bob se couvrit la tête avec les mains. De grands animaux s'ébattaient autour de lui. L'un d'eux voulut se poser sur sa tête. Bob poussa un cri et le repoussa d'un coup de poing.
  "Warrington! Elles sont grosses comme des pigeons! Ce sont des chauve-souris vampires!
  -Je ne le pense pas, monsieur Bob", répondit le chauffeur.
  Il venait de retrouver sa torche et l'alluma. Dirigeant le faisceau de lumière vers le haut, il éclaira des dizaines d'animaux ailés qui tournaient autour d'eux. Mais c'étaient des oiseaux, pas des chauve-souris: dès qu'ils virent la lumière, ils convergèrent tous vers elle.
  Warrington éteignit la torche.
  "La lumière les attire, cria-t-il. [...]"

  Toujours dans le Chapitre 17, le distingué chauffeur fait encore une apparition illustrée dans la scène ci-dessous:

  "Well, what is it?" Rex whispered in a whispered in a menacing way.
  "We'd like to talk to you, Mr. Rex," Jupiter said.
  "And supposing I do not wish to be bothered, boy?"
  "In that case" - it was Worthington speaking up - "we shall have to call the authorities to investigate."
  Mr. Rex looked alarmed. "No need for that!" he whispered. "Come in, come in."

  "Eh bien? Qu'est-ce que c'est? chuchota l'homme d'un ton peu engageant.
  -Nous aimerions vous dire quelques mots, monsieur Rex, expliqua Hannibal.
  -Et si je vous répondais que je n'aime pas être dérangé à n'importe quelle heure du jour et de la nuit?
  -En ce cas, prononça Warrington, nous serions contraints de demander à la police d'intervenir.
  -Inutile, inuitle, chuchota Rex, alarmé. Entrez, je vous en prie."

Jacques Poirier, 1966.

  On le revoit dans le Chapitre 18, lors d'une scène (Jonathan Rex/Stephen Terrill montrant la cicatrice factice faisant partie de son déguisement) où il est présent même si ce n'est pas précisé dans le texte (intulie donc de le citer). Il est visible en arrière-plan, dans ce qui se trouve être la dernière illustration où il apparaîtra jamais de la plume de Jacques Poirier, car la version de 1979 est l'ultime contribution de l'artiste pour la série française en Bibliothèque Verte.

Jacques Poirier, 1979.

  Le chauffeur accompagne une fois de plus le chef des détectives et son adjoint aux studios d'Alfred Hitchcock au Chapitre 19. Tout comme cet article commençait avec une illustration de la Rolls-Royce par T. Yamamoto, c'est elle aussi qui le termine avec l'ultime illustration de Jacques Poirier pour la série des Trois jeunes détectives en édition française. 

Jacques Poirier, 1979.

SOURCES PRINCIPALES

Illustration américaine: T3I Reader's Site (The Stories).
Illustrations françaises: Scribd (Utilisateur: Claudefermas) (éd. 1966)/Exemplaire personnel (éd. 1979).
Illustrations japonaises: Series Book Art - The Thrre Investigators by Ian Regan.

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