The Three Investigators 1.The Secret of Terror Castle (1964)/Les Trois Jeunes Détectives 1.Au Rendez-vous des revenants (1966)

AVERTISSEMENT:

  Cet article étant très développé, il dévoile beaucoup d'éléments d'intrigue. Il est donc fortement conseillé aux lecteurs n'ayant pas lu le roman et/ou ayant l'intention de le faire, de revenir ici plus tard.

SOMMAIRE:

AVANT-PROPOS

I.Personnages Principaux

     A.Jupiter/Hannibal Jones    

          1.Identité
          2.Apparence physique et vestimentaire
          3.Création de l'agence de détectives et répartition des rôles
          4.Passé de comédien
          5.Un chef très original et cérébral
          6.Bricoleur et débrouillard
          7.Détermination ou entêtement?
          8.Dernières déductions et exigence envers lui-même
          9.Fiabilité

     B.Peter/Pete Crenshaw/Crentch

          1.Identité
          2.Apparence physique et vestimentaire
          3.Mauvaise volonté et lâcheté
          4.Le comique du trio

     C.Bob Andrews/Andy
          
          1.Identité
          2.Apparence physique et vestimentaire
          3.Brave et rigoureux 
          4.Obéissant mais pas trop
          5.Sa blessure à la jambe et la traduction française à partir de 1979

II.The Jones Salvage Yard/Le Paradis de  la Brocante et ses secrets

     A.Présentation générale

     B.Les Passages Secrets et le Quartier Général

          1.Green Gate One/La Porte Verte numéro 1
          2.Tunnel Two/Tunnel numéro 2
          3.Easy Three/Confort numéro 3

III.La Participation d'Alfred Hitchcock

     A.Robert Arthur, Alfred Hitchcock et les Three Investigators

     B.Mise en abyme

          1.Premières décisions
          2.L'imitation de Jupiter/Hannibal

               a.Premier obstacle - Le garde
               b.Second obstacle - Henrietta Larson
               c.Face à Alfred Hitchcock

IV.Temporalité et transition vers une deuxième enquête

     A.Fâcheux impondérables

     B.Chronologie

     C.Déjà une deuxième enquête!

SOURCES PRINCIPALES

Jacques Poirier, 1967.

 AVANT-PROPOS:

  Il existe un premier jet de ce que vous vous apprêtez à lire. Mais je n'en étais pas satisfait et ceci est une version complètement retravaillée.
  Les illustrations internes originales d'Harry Kane se trouvent notamment dans la toute première édition chez Random House. Celles de Roger Hall, qui a très souvent repris celles de l'américain à sa façon un peu plus minimaliste sont intégrées à certaines éditions britanniques chez l'éditeur Armada.
  Quant au illustrations internes françaises, beaucoup plus nombreuses, signées Jacques Poirier, elles proviennent de deux éditions différentes. La première étant l'édition originale de 1966 dans la collection "Idéal-Bibliothèque" (Hachette) et la seconde étant une réédition datant de 1979 dans la "Bibliothèque Verte" (Hachette) où l'illustrateur nous a gratifiés parfois de versions différentes (les deux étant souvent intégrées) parfois de scènes qui n'étaient pas illustrées dans la version de 1966.
  Vous allez aussi découvrir de magnifiques dessins issus d'une édition japonaise de 1968, dont la source (avec lien) est citée en fin d'article. Malheureusement, il y a une ambiguïté en ce qui concerne le prénom de l'illustrateur. Ian Regan, créateur du site source donne deux prénoms différents, Tekuya ou Teruya, et la signature stylisée du dessinateur, ne résout pas le problème. J'ai donc choisi de garder que l'initiale T. pour ne pas recopier d'erreur.
  J'ai trouvé également trois illustrations internes d'une édition malaise. Il y en aura une plus bas, dans la partie consacrée à Bob. Les deux autres seront intégrées dans des articles ultérieurs.
  En ce qui concerne les illustrations de couvertures, elles ne sont intégrées que si mon texte fait référence à la scène qui y figure. J'ai l'intention de consacrer un article sur celles qui n'apparaissent pas, qu'elles soient anglo-saxonnes, françaises... et d'autres pays.
  Pour celles et ceux qui désireraient avoir un aperçu exhaustif de toutes les illustrations que j'ai dénichées, j'ai consacré à ce roman un tableau Pinterest que vous pouvez visiter en cliquant ICI.

  Après ces quelques précisions techniques, je voudrais brièvement parler d'Au Rendez-vous des Revenants par le prisme de mes vagues souvenirs de pré-adolescence, alors que je cherchais partout les tomes de cette série pour les dévorer avidement. Je ne me souciais pas à l'époque de l'ordre chronologique et encore moins des titres originaux. Je suis quasiment certain que je n'ai pas commencé par celui-ci en tout cas. Si mes souvenirs sont bons, j'ai découvert les Trois Jeunes Détectives avec Le Crâne qui crânait (11ème tome dans l'ordre original américain), dont un exemplaire se trouvait dans une petite bibliothèque au fond de ma classe de CM2. Comme tous les volumes que j'ai relus dans le cadre de ce projet, je ne me souvenais de pratiquement rien et j'ai donc redécouvert l'intrigue avec un intérêt tout frais et renouvelé. Au-delà de cette relecture naïve de pur plaisir (qu'encore une fois, je vous recommande d'en faire l'expérience avant de revenir sur cet article), j'ai effectué un travail plus analytique dont voici le résultat.

I.Personnages Principaux:

A.Jupiter/Hannibal Jones:

1.Identité:

  De nombreux personnages auront leur prénom et/ou nom originaux modifiés dans les éditions françaises (et pas seulement) de la série. C'est le cas des trois personnages principaux. Ainsi Robert Arthur a nommé son personnage principal Jupiter, alors que c'est Hannibal qui a été choisi pour le lecteur français. Je ne sais pas hélas, comme pour la grande majorité des noms changés que j'ai remarqués, par qui ni pourquoi. J'emploierai donc la plupart du temps la double identité Jupiter/Hannibal. Je n'utilise que l'un deux lorsque le point abordé ne concerne qu'une des deux éditions (par exemple, si je décris une illustration française, j'utiliserai Hannibal.)
  D'autre part, il sera très souvent affublé du diminutif "Jupe", par Peter et Bob entre autres, que la traduction française adaptera en "Babal".

2.Apparence physique et vestimentaire:

  Les premières indications physiques de ce personnage sont donnés par Alfred Hitchcock dans l'introduction:

  "Though I would be surely tempted to call Jupiter Jones fat, I will simply say, as his friends do, that he is stocky."

  Que l'on pourrait traduire (car ce n'est pas fait) par:

  "Même si je suis sans aucun doute tenté de qualifier Hannibal Jones de gros, je me contenterai, comme ses amis le font, de dire qu'il est trapu."
  
  Au premier Chapitre, des précisions sont apportées et la traduction française raccourci considérablement le texte de Robert Arthur en ne gardant que la dernière phrase:

  "He straightened up and set his jaw. When he did so, his face, normally rather round, seemed longer and he looked older. Stockily built, Jupiter could look a little fat when he did not hold himself erect."

  "Hannibal se redressa, ce qui le fit paraître un peu moins replet."

  En substance, le texte dit aussi que son visage rond s'allonge et lui donne un air plus vieux quand il se redresse ou se lève.

  Son apparence physique lui a valu dès son enfance les moqueries d'autrui, ce qui est déjà indiqué, avec la façon dont il y réagit, par Alfred Hitchcock avant le début du roman. Il y en a une autre allusion dans le Chapitre 9, lors de leur discussion avec Jonathan Rex:

Jacques Poirier (Détail), 1966.
   "[...] That was one thing he couldn't face - being laughed at. I'm sure you boys can understand that."
  "Yes sir," Jupiter said. "I know how he felt. I hate being laughed at, too."

  "[...] Il détestait qu'on se moquât de lui. Vous comprenez cela, vous autres, j'imagine."
  -Oui, monsieur, dit Hannibal. Je comprends cela parfaitement. Je n'aime pas qu'on se moque de moi."

  Du côté vestimentaire, aucune indication n'est donnée, ce qui sera d'ailleurs le cas pour ses deux acolytes. Cela laisse l'imagination des illustrateurs libres quant à l'apparence des personnages (vous aurez d'ailleurs de le constater lorsque j'aurais l'occasion d'intégrer des illustrations d'autres pays), mais j'aurais l'occasion d'en reparler. Ci-contre, vous pouvez voir l'apparence qu'a voulu lui donner Jacques Poirier (une chemise et une cravate sous un pull en col V). Ceci est la toute première illustration d'Hannibal dans l'édition française. La première de l'édition américaine par Harry Kane sera intégrée plus bas, car elle correspond à la partie consacrée à la rencontre avec Alfred Hitchcock. Je vous fais part toutefois de deux détails issus de scènes qui seront isolées plus loin sur ce blog où les illustrations seront reproduites dans leur intégralité.

Harry Kane (Détail), 1964.
H. Kane (Détail), 1964.


















  On y découvre un Jupiter plus décontracté, en chemise sortie du pantalon, peut-être un détail étudié par l'illustrateur pour cacher les rondeurs du personnage. La chemise est sobre, mais on la verra se colorer au fil des tomes jusqu'à donner l'allure reconnaissable qui s'imprimera dans l'imaginaire des lecteurs. Ses chemises hawaïennes seront même très parlante pour les lecteurs français qui ont connu les éditions des années 80 et 90, car Yves Beaujard les dessinera comme ses habits de prédilection. Mais je m'avance beaucoup trop.

3.Création de l'agence de détectives et répartition des rôles:

    Au moment où le roman commence, on apprend via deux réplique que l'idée de cette agence était déjà présente dans l'esprit de Jupiter/Hannibal Jones depuis un bon moment. D'ailleurs, la toute première réplique de ce personnage est extrêmement bien choisie (Chapitre 1):

  "[...] So you decided to go ahead with it, Jupe?"
  "We've been talking for a long time about starting an investigating agency," Jupiter said.

  "[...] Alors ton idée tient toujours, Babal?
  -Voilà déjà un bout de temps que nous avions l'intention d'ouvrir une agence de renseignements, répondit gravement Hannibal."

  Et pour officialiser, c'est à lui, en tant que cerveau et créateur, que l'on doit l'impression d'une carte de visite ou figure un symbole bien précis, le point d'interrogation. Indissociables et récurrents, ils méritent une série d'articles dont je vous laisse découvrir la première partie ICI.
  C'est aussi à Jupiter/Hannibal qu'incombe la répartition du rôle et des tâches de chacun (Chapitre 1):

  "[...] We are taking the plunge. We are now officially The Three Investigators.
  "As First Investigator, I will be in charge of planning. As Second Investigator, Pete will be in charge of all operations requiring athletic prowess. As you are at present somewhat handicapped in shadowing suspects or climbing fences, and similar duties, Bob, you will handle all the research our cases may need. You will also keep complete records of everything we do."

  "[...] Vogue la galère! Nous devenons officiellement les Trois jeunes détectives.
  "En tant que détective en chef, je serai chargé de mettre au point la tactique des opérations. En tant que détective adjoint, Peter s'occupera de toutes les actions nécessitant des qualités athlétiques. Quant à toi, Bob, handicapé comme tu l'es actuellement en ce qui concerne les filatures de suspects, les franchissements de grilles, etc., tu auras la responsabilité des recherches en bibliothèque et de la tenue à jour de nos archives."

  Je vais m'attacher, extraits à l'appui, de faire leurs portraits respectifs afin de voir à quels point cela correspond à leur fonction. 

4.Passé de comédien:

  Une des facettes intéressantes de Jupiter/Hannibal, est son passé de comédien mentionné par Alfred Hitchcock. Nous avons vu que l'extrait ci-dessous a été malheureusement omis par la traduction française:

  "As a very small child, Jupiter Jones appeared in a television series about a group of comical children - a series I am happy ro say I never encountered. However, it appears that as an infant he was so fat and comical in appearance, he was known as Baby Fatso and made millions laugh at the way he kept falling over things."

  Je propose la traduction suivante:

  "Tout petit, Hannibal Jones jouait dans une série télévisée burlesque où figurait une troupe de gamins (un programme sur lequel je ne suis heureusement jamais tombé). Toutefois, le fait est, qu'enfant, Hannibal était si gros et risible quand on le voyait qu'on le surnommait Gros Plein de Soupe et des millions de téléspectateurs riaient à chaque fois qu'il tombait."

  Dans le Chapitre 2, il est fait une autre allusion à cette particularité, du point de vue de Pete. Vous la trouverez dans la troisième partie où je cite l'extrait de l'arrivée aux studios d'Alfred Hitchcock et vous constaterez que là aussi, elle n'a pas été prise en compte par l'édition française. Ce qui est regrettable, car c'est une facette que le personnage utilisera régulièrement.

5.Un chef très original et cérébral:

  Le roman commence avec Bob Andrews/Andy et un dialogue avec sa mère qui lui annonce qu'elle a un message pour lui de la part de Jupiter/Hannibal. Si l'on excepte l'introduction d'Hitchcock, voici ce que l'aperçu que les lecteurs auront du personnage:
 
  "I could remember an ordinary message," his mother answered, "but Jupiter doesn't leave ordinary messages. It was something fantastic."
  "Jupiter likes unusual words," Bob said, controlling his impatience. "He's read an awful lot of books and sometimes he's a little hard to understand."
  "Not just sometimes!" his mother retorted. "He's a very unusual boy [...]."

  "Les messages ordinaires, je ne les oublie jamais. Mais ceux d'Hannibal sont toujours si farfelus... Impossible de m'en souvenir.
  -C'est vrai: Hannibal aime les mots bizarres, reconnut Bob. Il a lu tant de livres que, certains jours, on ne le comprend pas du premier coup.
  -Certains jours! se récria Mme Andy. Tu en as de bonnes. Hannibal est le garçon le plus singulier que je connaisse [...]."

  Dans le Chapitre 16, son goût pour les mots compliqués et les phrases bien tournées (un élément qui sera très récurrent au fil de la série) sera moqué par l'un des ravisseurs du château des Épouvantes:

  "What criminal enterprise are you and your confederates engaged in?" Jupiter asked.
  La, such long words!" The woman laughed."

  "[...] Puis-je vous demander à quelle association criminelle vous êtes intégrés, vous et vos associés?
  -Quel style! s'écria l'Anglaise en riant."

  Ce savoir livresque est justement la conséquence d'avoir été jugé sur son physique (notamment via sa célébrité en tant que jeune comédien et son nom de scène, Baby Fatso), Hitchcock nous l'apprenait déjà:

  "In order to get himself taken seriously, he studied furiously. From the time he could read, he read everything he could get his hands on - science, psychology, criminology, and many other subjects. Having a good memory, he retained much of what he read, so that in school his teachers found it best to avoid getting into arguments with him about questions of fact. They found themselves proved wrong too often."

  "Comme il détestait qu'on se moquât de lui et comme il voulait prouver sa supériorité, il s'est mis à lire tous les livres qui lui tombaient sous la main. Résultat: il sait une foule de choses, mais il ne brille pas précisément par la modestie."

NOTE: La traduction française omet de nombreuses choses là aussi. Comme par exemple l'éclectisme de ses choix de lecture "science, psychologie, criminologie et bien d'autres domaines", sa "bonne mémoire" et le fait qu'il sortait toujours vainqueur des débats occasionnels avec ses professeurs. "Il ne brille pas précisément par la modestie" est par contre un ajout... qui n'est pas erroné car c'est un trait de personnalité que l'on retrouvera de nombreuses fois dans la série.

  Il utilise par exemple son savoir au Chapitre 5 pour contredire Peter (cette scène a été utilisée par l'éditeur Armada sur le quatrième de couverture en 1987):

Jacques Poirier, 1979.

 "[Pete] was flashing his torch over the pictures on the wall again when he saw something that gave him a sudden sensation of uneasiness followed immediately by a great nervousness.
  The single eye of the one-eyed pirate in the picture was staring at him!
  The bad eye was covered by a black patch. But the good one was definitely looking at him. It had a luminous reddish shine to it, and as Pete stared he saw it blinked.
  "Jupe!" The word came from him like a croak. "That picture. It's looking at us!"
  "What picture?"
  "That one." Pete aimed the beam of his torch at the pirate picture. "I saw it looking at us."
  "Merely an illusion," his partner said. "When a painter paints a subject with his eyes looking straight ahead, they seem to be looking at you no matter where you are in the room."
  "But it isn't a painted eye!" Pete protested. "It's a real eye. It's a painted picture with a real eye!"
  "I'm afraid you're wrong," Jupiter said. "It's definitely a painted eye. But we'll go closer and see."
  He walked towards the picture, and Pete, after hesitating, followed. Now there were both shining their torches on the picture, and Pete could see that Jupiter was right - it was a painted eye. Very real looking but it didn't glisten the way a real eye would.
  "I guess I was wrong," he admitted. "But I certainly thought I saw it blink..."

T. Yamamoto, 1968.
  
  "[Peter] faisait de nouveau défiler tous les tableaux dans le rond lumineux de sa torche lorsqu'il aperçut précisément quelque chose qui lui fit ressentir d'abord un peu d'angoisse et ensuite une grande nervosité!
  L'œil unique du pirate borgne le regardait fixement.
  L'autre œil était caché par un bandeau, mais le bon, grand ouvert, sanguinolent, presque lumineux, regardait indéniablement Peter, et même il venait de ciller.
  "Babal... Ce tableau... Il nous regarde!"
  Peter râlait plutôt qu'il ne parlait.
  "Quel tableau?
  -Celui-là."
  Peter braqua sa torche sur le pirate.
  "Je l'ai vu. Il nous guignait de l’œil.
  -Illusion d'optique, déclara Hannibal. Il suffit qu'un peintre représente les yeux de son modèle fixés droit devant lui pour qu'on ait l'impression que le personnage vous regarde, où qu'on se trouve.
  -Ce n'était pas un œil peint, protesta Peter. C'était un œil réel au milieu de la peinture.
  -Tu dois te tromper. Je suis sûr que c'est un œil peint. Approchons."
  Hannibal se dirigea vers le tableau et, après quelque hésitation, Peter le suivit. Les deux torches braquées sur le pirate révélèrent qu'Hannibal avait raison. L’œil unique était parfaitement imité mais il n'avait pas l'éclat un peu humide d'un œil naturel.
  "J'ai dû me tromper, reconnut Peter. Pourtant, il m'avait semblé le voir cillé..."

  Il étalait déjà sa science dans le Chapitre 4 à la suite d'une fausse alerte humoristique:

Jacques Poirier, 1966.
  "Somebody - or something - was coming down the hillside directly towards them.
  Pete crouched down. Beside him Jupe was getting his camera ready.
  The noise, a pattering of rock displaced by moving feet, was almost on them when Jupe flash-bulb lit up the night. In the sudden radiance of the flash, Pete saw two huge red eyes leaping directly at him. Then something furry scurried past, struck the concrete road and went bounding away. In its wake several small rocks rolled down and came to rest at the boys' feet.
  "A jack rabbit!" Jupiter said. He sounded disapppointed. "We frightened it."
  "We frighttened it!" Pete exclaimed. "What do you think it did to me?"
  "The natural effect of mysterious sound and movement at night upon a susceptible nervous system," Jupiter said. "Forward!"

  "Quelqu'un - ou peut-être quelque chose - descendait la pente, se dirigeant droit vers les deux garçons.
  Peter s'accroupit dans l'ombre qui sembla se refermer sur lui. Hannibal armait l'appareil.
  Le bruit - roulements de cailloux sur la pente - approchait à toute vitesse. Hannibal déclencha le flash. Deux yeux rouges flamboyèrent. Un objet velu bondit au pieds de Peter et disparut derrière lui, tandis que quelques cailloux roulaient encore sur la chaussée.
  "Ce n'était qu'un lapin! s'écria Hannibal décçu. Nous lui avons fait peur.
  -Et ce qu'il m'a fait, à moi, ça ne t'intéresse pas?
  -Il a produit sur toi l'effet que produisent généralement un bruit et un mouvement inexpliqués sur un système nerveux sensible, particulièrement de nuit. En avant."

  Le lecteur assidu de la série, rencontrera des scènes similaires dans des aventures écrites par les successeurs de Robert Arthur: par exemple, dans The Mystery of the Moaning Cave/Le Trombone du Dable (10ème tome, 1967) par William Arden et dans The Mystery of the Coughing Dragon/Le Dragon qui éternuait (14ème tome, 1970) par Nick West.

  Pour en revenir à l'énumération éclectique d'Alfred Hitchcock, celui-ci ne cite pas par hasard la criminologie. En effet, c'est un détail qui légitime la création même des Trois jeunes détectives tout comme il fait mention d'une mini-enquête qui date d'avant le début du premier roman de la série, à savoir celle qui concerne la bague de Mme Andrews:

  "[...] My goodness, how he found my engagement ring, I'll never know."
  She was referring to the time the previous autumn when she had lost her diamond ring Jupiter Jones had to come to the house and requested her to tell him every move she had made the day the ring was lost. Then he had gone out to the pantry, and found the ring behind a row of bottle tomato pickles. Bob's mother had taken it off and put it there while she was sterilising the jars.
  "I can't imagine," Mrs. Andrews said, "how he guessed where the ring was!!"
  "He didn't guess, he figured it out," Bob explained. "That's how his mind works... [...]"

  "[...] Je ne suis pas près d'oublier la façon dont il a retrouvé ma bague de fiançailles."
  En effet, quelques mois plus tôt, elle avait perdu une bague ornée d'un diamant. Hannibal Jones l'avait interrogée minutieusement sur ce qu'elle avait fait le jour de la disparition de la bague. Puis, il s'était calmement rendu à l'office et avait passé la main derrière une rangée de bocaux de tomates en conserve: la bague avait roulé là pendant que Mme Andy stérilisait d'autres bocaux.
  "Je suis encore stupéfaite qu'il ait pu deviner où elle était, remarqua la mère de Bob."
  "Hannibal ne devine jamais: il raisonne [...]."

Jacques Poirier, 1966.
  On aura d'ailleurs souvent, à l'instar de Bob et Peter, l'occasion de voir Jupiter/Hannibal plongé dans de profondes réflexions. Et le signe le plus révélateur de la mise en marche de ses méninges est sans aucun doute son tic qui consiste à se pincer les lèvres. L'extrait dessous est d'ailleurs, il est important de le souligner, la toute première apparition physique de Jupiter/Hannibal (Chapitre 1):

  "[...] Jupiter was sitting in an old swivel chair, pinching his lower lip, always a sign that his mental machinery was spinning in high gear."

  "[...] Hannibal était assis dans un vieux fauteuil à bascule et il se pinçait la lèvre inférieure entre deux doigts, ce qui était toujours le signe d'une activité mentale intense."

  C'est la première occurrence de cette manie, mais elle reviendra à de nombreuses reprises non seulement dans ce roman mais aussi dans toute la série. Sans que cela soit pour le souligner davantage, je serai à coup sûr amené à citer des extraits où cela sera mentionné. Comme vous pouvez le voir, Jacques Poirier nous a gracieusement illustré ce geste et ce ne sera pas la seule fois.


6.Bricoleur et débrouillard:

Jacques Poirier, 1966.
  Aussi intelligent et érudit que soit Jupiter, il n'en est pas pour autant moins manuel. Ainsi, dès le premier chapitre on apprend qu'il avait déjà mis son inventivité en pratique bien avant de créer son agence (on le verra dans la partie consacrée au Quartier Général et aux passages secrets). Bel exemple que cette machine qu'il a réparée pour produire la carte de visite, porteuse de la publicité dont il auront besoin:

"[...] The small printing press which had come in as junk, and which Jupiter had laboured over until it would operate again."  

 "[...) Une petite presse à imprimerie, naguère encore hors d'usage, mais qu'Hannibal avait rafistolée avec succès."

  Ainsi que le téléphone de leur P.C. et le système amplificateur dont il est équipé au Chapitre 6:

  "He held the phone close to a microphone and speaker he had assembled from parts of an old radio. This made it possible for them all to hear what was said."

 "Il tenait le combiné près d'un microphone relié à un haut-parleur, empruntés tous les deux à un vieux poste de radio, et permettant aux assistants d'entendre la communication."

  Au fil des péripéties de The Secret of Terror Castle/Au Rendez-vous des Revenants, Jupiter/Hannibal prouvera qu'il n'est pas dénué de sens pratique. Preuve en est, au début du Chapitre 8:

  "[Pete's] stocky companion unhooked from his belt his prized Swiss knife, with its eight blades. He opened the large cutting blade and went to work on the charred tip of the stick."

 "[Le compagnon de Pete], décrochant le couteau à huit lames qu'il portait toujours à la ceinture, se mettait à effiler de nouveau la pointe du bâton."

Jacques Poirier, 1979.

  Ce couteau suisse, véritable symbole de débrouille et de survie, est un objet qui correspond à encore une facette du détective en chef. L'adaptabilité selon les circonstances. Jupiter.Hannibal est prévoyant, toujours prêt face à certains obstacles. Il aura l'opportunité de s'en resservir au Chapitre 16, alors qu'il est ficelé en compagnie de Peter:

Jaques Poirier, 1966.

  "[...] Tell me, can you move your hands?"
  "I can wiggle my little finger, if that's any help," Pete said. "I'm all tangled up in these meshes."
  "Fortunately I have the use of my right hand," Jupiter told him. "I am making some progress towards freeing myself. Maybe you can help by telling me where to cut next."
  Pete flopped over on his side. Jupe did likewise. Now that his partner's back was towards, Pete could see that Jupiter had managed to get at a Swiss knife that hung from his belt. Its eight blades included a screwdriver and a pair of scissors. Jupiter had opened the tiny pair of scissors and had snipped several of the net's meshes so that he could get his hands out."

Jacques Poirier, 1979.

  "[...] Dis-moi, peux-tu remuer les mains?
  -Je peux bouger le petit doigt. Est-ce que cela t'aide?
  -Moi, j'ai la chance d'avoir la main droite libre. Tu me rendrais service en m'indiquant dans quelle direction je dois couper les mailles."
  Peter roula sur le côté, Hannibal aussi, tournant le dos à Peter. L'adjoint put alors voir que son chef avait réussi à mettre la main sur son couteau de poche qui, outre les lames, était pourvu de ciseaux. Hannibal avait déjà tranché plusieurs fils et s'apprêtait à continuer."

  Malheureusement, il sera confisqué par l'un des personnages responsables de leur capture:

  "Tricks, my pretties, tricks?" she cackled. Deftly she turned Jupiter over and saw the cut net.
  "So that's it! The chicks want to escape!" She grasped Jupiter's wrist and twisted it. The knife fell to the floor. She scooped it up."

  "A quoi avez-vous joué sans moi, mes petits poulets?" demanda-t-elle.
  Adroitement, elle fit rouler Hannibal et la déchirure du filet apparut.
  "Oh! les vilains! Ils voulaient s'échapper!" caqueta Kathy.
  Elle saisit le poignet d'Hannibal et le tordit. Le couteau glissa à terre. Elle le ramassa."

  Dépourvu de cet incomparable outil, Jupiter/Hannibal n'est plus le même, et dans ces circonstances il confesse volontiers à Peter avoir atteint ses limites, du moins au niveau pratique...:

"Jupe!" [Pete] said, "say something! I want to hear some noise."
  "Oh, I'm sorry." Jupiter sounded absent-minded. "I was thinking."
  ""Thinkin! At a time like this?" [...]
  Whiskers! Even tied up in a dungeon and left to starve, Jupiter couldn't keep his grey cells from buzzing."
  "I don't suppose while you've been doing all that thinking," Pete said, "you've thought of any way to get us out of here?
  "No," Jupiter said. "I haven't. I can't think of a single, solitary way for us to get out of here unassisted. Please accept my apologies, Pete. I made a bad miscalculation in this case?"

  "Babal, fit [Peter], dis quelque chose. Je voudrais entendre ta voix.
  -Oh! excuse-moi, répondit Hannibal d'un ton distrait. Je réfléchissais.
  -Tu réfléchissais à un moment pareil?
  [...] Mazette! Même ficelé comme un saucisson au fond d'une oubliette, Hannibal ne pouvait empêcher ses petites cellules grises de fonctionner.
  "A force de réfléchir, tu n'aurais pas par hasard trouvé un moyen de sortir d'ici? demanda Peter.
  -Non. Je regrette. Je ne vois pas comment nous pourrions sortir d'ici tout seuls. Je te demande pardon, Peter. Je me suis lourdement trompé, tout au long de cette affaire."

7.Détermination ou entêtement?:

  Ces excuses en bonne et due forme, il faut remonter jusqu'au début du roman pour en comprendre les raisons profondes.
  Mais commencons par souligner un autre trait de caractère de ce personnage complexe: loin de se cantonner à rester assis et de faire des déductions à distance, c'est aussi un enquêteur de terrain. Même s'il est dans sa fonction même de patron de déléguer des missions à ses compères, il mouille aussi sa chemise et sa détermination est souvent le moteur pour faire avancer l'enquête et l'action qui en fait partie.
  Dans les extraits qui vont suivre (illustrés par Harry Kane et son homologue britannique Roger Hall), on voit déjà apparaître une partie de la personnalité du détective adjoint, Peter Crenshaw. C'est inévitable pourtant, car la détermination du chef apparait en contraste de la réticence de son subordonné. Comme ici au Chapitre 4:

  "I think we ought to come by daylight," Pete suddenly suggested. "So we can find our way around."
  Jupiter shook his head.
  "Nothing ever happens here in the daytime," he said. "It's only at night that this place scares people out of their wits."
  "[...] I don't want to be scared out of my wits. I'm half-way there already."
  "So am I," Jupiter admitted. I feel as if I had swallowed some butterflies."
  "Then le'ts go back," Pete exclaimed with great relief. "[...] We ought to go back to Headquarters and make some more plans."
  "I've already made my plans," his stocky companion said [...]. "My plans are to stay in Terror Castle for one hour tonight."

T. Yamamoto, 1968.

  "Moi, dit Peter, je pense qu'on ferait mieux de venir de jour. Comme ça, on verrait où on met les pieds."
  Hannibal secoua la tête.
  "De jour, il ne se passe jamais rien. Ce n'est que la nuit que les gens deviennent fous de peur, dans ce château.
  -Je ne tiens pas à devenir fou de peur, objecta Peter. D'ailleurs, je le suis déjà à moitié.
  -Je ne suis pas à mon aise non plus, reconnut Hannibal.
  -Oh! mais alors nous allons pouvoir nous en aller! [...] Rentrons au P. C. et étudions encore un peu la question.
  -La question a été étudiée, répliqua Hannibal [...] et les conclusions sont tirées: nous devons passer une heure au château des Épouvantes, ce soir même."

Harry Kane, 1964.
Roger Hall, 1967.






















  Cette détermination sera encore mise en évidence. Du point de vue de Pete, cela devient clairement de l'entêtement que ce dernier n'approuve pas:

  "Can we sing?" Pete asked [...]. "If we sing 'Row, row, row your boat' loudly enough, we won't hear the spook moan and groan."
  "There's no need to go to extremes," the other boy said firmly. "We want to hear any moans and groans - also any screams, sighs, screeches or rattling of chains, all of which are supposed to be common manifestations of a supernatural presence."
  Pete suppressed the impulse to tell his partner that he had no desire whatever to hear any moans, groans, screams, screeches, sighs or rattling chains. He knew there was no point in it. When Jupiter made up his mind, he made up his mind. He was about as easy to move as a large rock."

  "Nous pourrions chanter? proposa Peter [...]. Si nous chantions très fort "Youpi, aïe! aïe! Youpi, youpi, aë!" nous n'entendrons peut-être pas le fantôme gémir et se lamenter.
  -Peter, as-tu oublié que nous sommes ici précisément pour entendre les gémissements, lamentations, soupirs, hurlements, grincements de chaînes et phénomène divers accompagnant généralement une présence surnaturelle?"
  Peter se retint de répondre qu'il préférait ne rien entendre de tout cela. Quand Hannibal s'était mis une idée en tête, il était impossible de l'en faire changer."

  Autre raison d'agacement pour ses deux amis, Jupiter/Hannibal garde souvent ses déductions et ses plans d'action pour lui, les laissant volontairement dans un flou qui se dissipe pour eux toujours en décalé. Ainsi, on apprend au Chapitre 8 que:

  "When Jupiter had a scheme in mind, he usually preferred not to explain it in advance. He liked to see
how his ideas worked before he talked about them. So Pete did not ask any questions [...]."

  "Lorsque le détective en chef avait une idée, il préférait la mettre à exécution avant d'expliquer en quoi elle consistait. C'est pourquoi Peter jugea préférable de ne pas poser des questions [...]."

  Il arrive donc que ses attitudes paraissent étranges, comme par exemple au Chapitre 17:

  "Parakeets!" The First Investigator acted as if he had been stung by a hornet. "Come on, follow me! We must act fast!"
  And getting the torch loose from his belt, he dashed out.
  "What bit him?" Pete asked [...].
  "A clue, I guess," Bob answered. "Anyway we can't let him go alone."
  [...] They raced after Jupiter, who was already fifty yards ahead of them, despite his taped ankle."

Jacques Poirier, 1979.

  "Des perroquets!"
  Hannibal sursauta notablement.
  "Alors, s'écria-t-il, suivez-moi. Il faut agir vite!"
  Et s'armant d'une lampe, il sortit de l'oubliette au pas de course.
  "Quelle mouche l'a piqué demanda Peter à Bob.
  -Une nouvelle idée, je suppose, dit Bob. De toute façon, nous ne pouvons pas le laisser aller seul, où qu'il aille."
  [...] Ce fut une vraie galopade après Haanibal qui malgré sa cheville bandée, avait déjà cinquante mètres d'avance."

NOTE: techniquement, cinquante yard équivaut à un peu plus de 45 mètres, mais là, je chipote.
  Mais revenons à la détermination et la persévérance auquel Jupiter/Hannibal est accoutumé. Elle est parfois perçue comme de la bravoure déplacée (Chapitre 16): 

"The Three Investigators never give up," Jupiter said stubbornly.
  "Sometimes it's more sensible to give up," the woman replied. [...]
  "Before you go," Jupiter said - and Pete had to admire the way he kept his voice steady - "May I ask you a question?" 

Jacques Poirier, 1966.

  "Les Trois jeunes détectives n'abandonnent jamais une mission, répondit Hannibal d'un ton obstiné.
  -Quelquefois il est plus raisonnable d'abandonner... [...]
  -Avant que vous ne partiez, demanda Hannibal d'une voix dont Peter admira la fermeté, puis-je vous demander..." 

  On peut trouver la scène dont est tirée cet extrait illustrée, par Jacques Poirier ci-dessus, mais aussi dans une édition portugaise et sur la couverture d'une des éditions russes:

Illustration portugaise.
Édition russe.






















8.Dernières déductions et exigence envers lui-même:

  Ce qui nous ramène à la scène où Jupiter/Hannibal s'excuse auprès de Pete. Car même s'il admettait se retrouver impuissant à les sortir de leur désagréable situation, du côté cérébral, Jupiter/Hannibal était en train d'assembler toutes les pièces du puzzle. Il comprenait qu'en réalité, Jonathan Rex et Charles Grant n'étaient sont autres que les inquiétants personnages kidnappeurs sur lesquels nos deux amis sont tombés. Aussitôt libéré, il s'empresse de les démasquer (Chapitre 17 et 18):

T. Yamamoto, 1968.

  "You two men," Jupiter said, "are the ghosts who have been haunting the castle and scaring people away. And just a few minutes ago you tied up Pete Crenshaw and me and left us in the dungeon under the castle."
  [...] "But - " Pete started to say.
  "They were just wearing women's clothes and wigs," Jupiter said. "I realised that when I felt their shoes and discovered they were wearing men's shoes. Then I understood that all five of the gang who captured us were really just two men in different costumes."
  "You mean the two Arabs and the Oriental and the two women - they were all Mr. Rex and Mr. Grant?" Pete demanded, dumbfounded.
  "He's right." Mr. Rex sounded very weary. "We were acting the part of a large gang to give you boys a real scare. The costumes with robes or skirts we could put on and take off very swiftly."

Jacques Poirier, 1966.

  "[...] Vous et M. Grant, vous êtes les fantômes qui hantez ce château pour faire peur aux gens. De plus, il y a quelques minutes, vous nous avez garrottés, Peter Crentch et moi, et vous nous avez laissés dans une oubliette."
  [...] - Mais..., commença Peter.
  -Simplement, dit Hannibal, ces messieurs portaient des vêtements et des perruques de femmes. Je l'ai deviné lorsque j'ai vu que leurs soulioers étaient des souliers d'hommes. J'en ai déduit que les cinq personnages qui prétendaient nous avoir capturés n'étaient que deux en réalité.
  -Les deux Arabes, le prince oriental, et les deux bonnes femmes, c'étaient toujours M. Rex et M. Grant? demanda Peter abasourdi.
  -Il a raison, chuchota M. Rex qui paraissait à bout de nerfs. Nous souhaitions passer pour une bande importante afin de vous faire une belle peur. Les tuniques et les robes, ça s'enlève et ça se remet en un tournemain."

Jacques Poirier, 1979.

   Jonathan Rex, s'absentant un instant, Charles Grant, son complice, en profite pour restituer le couteau à huit lames à son propriétaire au Chapitre 18:

  "[...] By the way, here is your knife back, Jupiter Jones."
  "Thank you," Jupiter said. He was attached to that knife."

  "[...] A propos, monsieur Jones, voici votre couteau.
  -Merci", répondit Hannibal en reprenant son couteau à huit lames auquel il tenait beaucoup."

  Mais ce sera une maigre consolation pour Jupiter/Hannibal car il n'a pas été capable d'anticiper la révélation qui suit:

Jacques Poirier, 1966.
  "It was barely sixty seconds before the door opened again, and a man came out. But this time it wasn't The Whisperer. This man was shorter and younger-looking, and had neatly combed grey-brown ha. He wore a tweed jacket and looked at them with a pleasant smile.
  "Good evening," he said. "I am Stephen Terrill. You wanted to see me?"
  They all stared at him, not knowing what to say. Even Jupiter was silent for once.
  Finally Mr. Grant spoke up. "It really is Stephen Terrill," he said.
  And then Jupiter looked as if he had bitten into a nice, juicy apple and found half a worm left in it. He looked angry - at himself.
  "Mr. Terrill," he said. "You are also Jonathan Rex, The Whisperer, are you not?"

  "Soixante secondes s'étaient a peine écoulées que la porte de communication s'ouvrait de nouveau. Un homme entra, mais ce n'était pas le Chuchoteur. Il était plus petit de taille, plus jeune d'allure, et il portait des cheveux châtains soigneusement peignés.
  "Bonsoir, fit-il avec un sourire amical. Je suis Stephen Terrill. Vous vouliez me parler?"
  Tous ouvrir de grands yeux et restèrent sans voix. Même Hannibal.
  Enfin M. Grant prit la parole:
  "Il dit la vérité. Il est vraiment Stephen Terrill."
  Hannibal, l'air vexé, s'écria:
  "Et vous êtes aussi Jonathan Rex, le Chuchoteur, n'est-ce pas, monsieur Terrill?"

NOTE: il est dommage que la métaphore du texte originale ne soit pas traduite, car elle définit très bien la façon dont Jupiter/Hannibal n'accepte pas cette petite défaite. Je propose pour la traduire: "Hannibal eut l'air de celui qui mordant dans une belle pomme juteuse réalise que la moitié d'un ver s'y trouve encore."

  C'est la pièce du puzzle qu'il n'a pas su placer, et cela lui gâche son enquête, qui lui tenait tant à coeur. C'est son ego qui est touché, il en le seul responsable et il ne se le pardonne pas malgré les compliments de Pete au Chapitre 19:

  "The next morning, [...] Jupiter didn't look happy. Pete knew what the trouble was. Jupe was still sore at himself for not deducing that The Whisperer and Stephen Terrill were the same person.
  [...] "You had everything else figured out," Pete told him. "Even to the fact that Mr. Terrill was still alive, though for a time you got thrown off the track. You ought to be proud of yourself."
  But Jupiter just shook his head."

  "Le lendemain, [...] Hannibal n'avait pas l'air heureux. Peter savait pourquoi, le détective en chef était vexé de n'avoir pas deviné que Stephen Terrill et le Chuchoteur étaient une seule et même personne."
  [...] "Bah! tu avais déduit tout le reste, [dit] Peter. Même que le père Terrill était vivant. Pendant un moment tu as perdu la piste: qu'est-ce que ça fait? Tu devrais être fier de toi."
  Mais Hannibal secoua la tête."

9.Fiabilité:

  Permettez-moi d'ajouter une dernière petite partie. Toutes les qualités de Jupiter/Hannibal, perçues par des personnages qui n'assistent pas directement aux aventures du trio, font de lui quelqu'un de fiable, digne de confiance. On apprend ainsi dans le Chapitre 4, que les parents respectifs de Peter et Bob le tiennent en haute estime, selon cette phrase (c'est moi qui traduit car elle est omise par la traduction officielle):

  "Their parents seemed to feel that as long as Jupiter was with them everything would be fine."
  
  "Leurs parents semblaient être rassurés à l'idée que tout irait bien tant que Hannibal serait avec eux."

B.Peter/Pete Crenshaw/Crentch:

1.Identité:

  L'adaptation française change le nom de famille du détective adjoint. En ce qui concerne son prénom, j'ai remarque que "Pete" est le plus souvent utilisé par le texte original. La version française préfère "Peter", mais vu que le changement n'est pas si radical, j'utiliserai les deux sans dictinction ni préférence.

2.Apparence physique et vestimentaire:

  Alfred Hitchcock ne s'attarde pas sur la description physique de Pete, il se contente de dire qu'il est "quite tall and muscular"/ ou un "grand gaillard bien bâti, [qui] a du muscle partout où il en faut".

  Le texte du roman en tant que tel restera tout aussi succinct, même si l'on apprend qu'il est brun (Chapitre 1) et plus grand que Jupiter/Hannibal (Chapitre 6)

  "Tall, dark-haired Pete..."
  
  "Peter, grand et brun..."

et

  "Even with his longer legs..."
  
  "Peter avait de bien plus longues jambes qu'Hannibal."

  Pete est le seul personnage a apparaître sur les sept illustrations originales fournies par Harry Kane. Excepté celle de l'entrée dans les studios d'Hitchcock où il est en costume, il arbore de simples vêtements décontractés (légère veste, polo rentrée dans le pantalon), en adéquation avec son physique athlétique. Jacques Poirier adoptera le même style de vêtements. Il y aura aussi quelques évolutions.

Harry Kane (Détail), 1964.
Jacques Poirier (Détail), 1966.






















3.Mauvaise volonté et lâcheté:

  Un des traits de caractère principaux de Pete le plus flagrant dans cette première aventure, et vous en avez déjà eu un aperçu plus haut, se trouve être son manque de courage, sa réticence devant le challenge que représente Terror Castle. Ce qui est paradoxal vu qu'il est le plus athlétique des trois compagnons. C'est toutefois l'une des particularités des personnages de Robert Arthur, il ne sont pas des héros lisses sans contradictions ni défauts. Quand, au Chapitre 3, Bob expose le résultat de ses recherches, Pete s'interpose à plusieurs reprises pour exprimer ses doutes voire sa mauvaise volonté:

  "Terror Castle!" Pete exclaimed. "that's a name I don't like!"
  
  "Le château des Épouvantes? Je n'aime pas ce nom-là, observa Peter."
  
  "Wow!" Pete exclaimed. "The more I hear about this place, the less I like it."

  "Plus j'appends de choses sur la vieille bicoque, moins j'ai envie de m'en occuper, remarqua-t-il."
   
  L'interruption suivante, qui se teinte de sarcasme, finit même par provoquer l'agacement de Jupiter/Hannibal:

  "A blue phantom and a fog of fear?" Pete licked his lips. "Nothing else, huh? No headless horsemen, no ghosts with clanking chains, no - "
  "If you would let Bob finish," Jupiter interrupted, "we would be able to proceed faster."
  "As far as I'm concerned," Pete muttered darkly, "he is finished. I don't care to hear any more."

Jacques Poirier, 1966.
Jacques Poirier, 1979.
  
 "Rien que cela? demanda Peter. Peut-être aussi des cavaliers sans têtes, des fantômes avec des chaînes grinçantes, des...
  -Si tu n'interrompais pas tout le temps, nous en finirions plus tôt, remarqua Hannibal. Autre chose, Bob?"

NOTE: La dernière réplique originale est omise par la traduction. Je propose: "Pour ma part," murmura Peter sombrement, "il en a terminé. Je ne suis plus concerné par la suite."

  Pour enfoncer le clou, il emet une opinion définitive à la fin de l'exposé de Bob:

  "[...] No one ever goes near the place because there isn't any reason to."
  "I'll say there isn't," Pete stated. "You couldn't hire me to go there."

  "[...] Personne n'y va parce que personne n'a de motifs d'y aller.
  -Les gens ont bien raison, commenta Peter. Tu me donnerais un million, je n'irais pas."

  D'autres variantes seront émises au fil de ce premier roman. Ce tempérament negatif menaçant l'avance de l'enquête se manifeste même à deux reprises, puisqu'il suggère même l'abandon des recherches, la première fois au Chapitre 7:

   "I can tell you how to solve our problems," Pete said. "Just pick up that telephone and call Mr. Alfred Hitchcock and tell him we've decided not to find a haunted house for him. Tell him we break out into large lumps of goose-flesh whenever we get near one. Tell him our legs go all wobbly and start running of their own accord."

  "Je sais comment résoudre [nos problèmes], répondit Peter. Tu décroches ce téléphone, tu appelles le père Hitchcock et tu lui dis que nous avons décidé de ne pas lui chercher de maison hantée. Tu ajoutes que chaque fois que nous en trouvons une, nous avons la chair de poule par tout le corps et que nos jambes se mettent à courir d'elles-mêmes."

  Il tentera aussi un moyen démocratique pour faire valoir son point de vue au Chapitre 11:

  "[...] I propose we vote on whether or not to stay away from Terror Castle, as warned. All in favour, vote aye."
  'Aye!" Bob said.
  "Aye!" said Pete. "That makes a majority vote."

  "[...] Je propose que nous mettions la décision aux voix. Devons-nous abandonner notre enquête? Que ceux qui sont pour lèvent la main.
  -Je suis pour, fit Bob.
  -Moi aussi, s'écria Peter. Nous avons la majorité absolue."

  Notez que même s'il réussit à mettre Bob, qui semble pourtant plus obéissant, de son côté, Jupiter/Hannibal aura le dernier mot. Car, le chef étant immobilisé par une blessure et le temps pressant, ce dernier les oblige à se rendre au château. Le Chapitre 12 commence ainsi avec leur légère amertume:

  "Darn it," Pete said, "when we have an argument, why does Jupe always win?"
  "He won this one, all right," Bob agreed."

  "Comment se fait-il, demanda Peter, que, si nous avons une discussion, c'est toujours Babal qui gagne?
  -Tu peux dire qu'il a gagné celle-là dix à zéro!" renchérit Bob.

  De même, cette petite coalition, cette tentative de mutinerie vouée à l'échec reviendra au fil des tomes, jusqu'à devenir une private joke.
  Cette envie de baisser les bras, Peter l'exprimait déjà au Chapitre 3 avec une phrase sentencieuse :

   "If I'd known it was going to be like this," he complained, "I'd never have become an investigator."

  "Si j'avais su comment ce serait, je ne serais jamais devenu détective, marmonna le jeune Crentch."

  M.V Carey y fera allusion dans The Mystery of the Singing Serpent/Le Serpent qui fredonnait (17ème tome). Et heureusement pour la série, cela ne restera qu'un regret jamais concrétisé. Cela nous aurait empêché de savourer un trait de caractère bien plus plaisant: son sens de l'humour.

4.Le comique du trio:

  Cette facette de trublion est déjà en partie présente dans ces sarcasmes destinés aux idées de son chef et au rapport de Bob. Mais elle apparait sous forme de savoureux one-liners, en contraste avec le pompeux sérieux affiché par Jupiter/Hannibal:

  L'un deux se trouve au Chapitre 4, alors qu'il se préparent pour leur première visite au château:

   "[...] If we hear any sounds, you, Pete, capture them on your tape recorder."
  "If I have to use this tape recorder," Pete said [...], "all you'll hear will be the sound of chattering teeth."

  "[...] Si nous entendons des bruits, Peter les enregistrera.
  -Compte sur moi! ironisa Peter. Des dents qui s'entrechoquent, c'est tout ce qu'on entendra sur la bande." 

  Dans la foulée de leur rencontre avec l'effrayant lapin, une autre petite créature est la cause d'une des meilleure réplique du roman. Cette petite scène a même été choisie par Peter Archer, l'un des illustrateurs de couvertures pour l'éditeur britannique Armada dans l'édition de 1980:

Peter Archer, Armada, 1980.
  "Suddenly something flew around their heads. Pete ducked.
  "Wow, he yelled. "A bat!"
  "Bats only eat insects," Jupiter reminded him. "They never eat people."
  "Maybe this one wants a change of diet. Why take chances?"

  "Soudain, quelque chose passa au-dessus de la tête des garçons.
  "Une chauve-souris! cria Peter en l'esquivant.
  -Les chauves-souris ne mangent pas les hommes.
  -Suppose que celle-ci veuille changer de régime. Pas la peine de prendre de risques."

  Dans le même genre d'idée, suite à l'appel téléphonique mystérieux qu'ils ont reçu au Chapitre 6 (j'ai isolé la scène ici), Peter emet une hypothèse pour contredire l'esprit cartésien de son ami (Chapitre 7):

"Disembodied spirits," said [Jupiter], "are not known to use telephones. Neither are spooks, phantoms, or werewolves."
  "That was in the old days. Why shouldn't they change with the times and be modern, too? [...]"

  "Les esprits désincarnés n'utilisent pas le téléphone, que je sache, ni les revenants, ni les loups-garous, ni les fantômes.
  -Ils ne l'utilisaient pas dans le temps. Ils ont fort bien pu se moderniser, eux aussi [...]."

  Nos amis spécialistes du paranormal ne manqueront pas d'observer que nombre de témoignages dans ce domaine donneraient raison à Peter. Mais c'est un autre sujet...
  Dans le chapitre 6, en sécurité dans la Rolls-Royce conduite par Worthington/Warrington, Pete nous offre une double dose:

   "We didn't see anything. But just the same something scared us silly."
  "Correction," Pete declared. "We were already silly. Something just scared us sillier."
  "Then the castle really is haunted?" Bob asked eagerly. "All those stories are true?"
  "As far as I'm concerned, it's headquarters for the Union of Ghosts, Ghouls, and Werewolves of Amertica," Pete declared."

  "Nous n'avons rien vu du tout. N'empêche que nous avons eu la plus belle peur de notre vie. A nous faire perdre la tête!
  -Impossible, intervint Peter: nous l'avions déjà perdue.
  -Alors le château est hanté, c'est vrai? s'écria Bob. Tout ce qu'on raconte est exact?
  -Moi, dit Peter, je pense que ce château est le siège du Syndicat des spectres, fantômes et revenants associés."

  Mais il serait impensable de terminer ce portrait du détective adjoint sans citer cette blague en deux temps. Tout d'abord, à l'entrée du château au Chapitre 4:

  "There is the door," [Jupiter] said. "Now all we have to do is walk through it."
  "I wish I could get my legs to believe that. They think we ought to go back."
  "So do mine," Jupiter admitted. "But my legs take orders from me. Come on."

  "Hannibal désigna la haute porte en bois sculpté qui donnait accès à l'intérieur du château.
  "Nous n'avons plus qu'à la pousser et à entrer.
  -Ce n'est pas l'avis de mes jambes, objecta Peter. Elles pensent que nous ferions mieux de rentrer chez nous.
  -Les miennes aussi, avoua Hannibal, mais elles ont l'habitude de m'obéir. En avant!"

   Puis à la fin du Chapitre 5:

  "Pete turned. He didn't intend to turn. His feet did it for him. They took him straight out the main entrance and down the old driveway, running like a deer.
  "Right beside him was Jupiter Jones. It was the first time Pete had ever seen his partner run from anything so fast.
  "I thought you said your legs took orders from you," he called.
  "They do," cried Jupe. "I ordered them to run."

  "Il tourna sur les talons. Il n'en avait pas l'intention, mais ses talons l'y obligèrent. Deux minutes plus tard, il était sorti du château et galopait dans l'allée à la vitesse où galopent d'ordinaire les chevaux de course.
  A côté de lui, courait Hannibal. C'était la première fois de sa vie que Peter voyait Hannibal se sauver à une allure pareille.
  "Je croyais que tes jambes avaient l'habitude de t'obéir! haleta Peter.
  -Bien sûr. Et je leur ai commandé de filer!" répondit son compagnon, du même ton."

  Avant de vous présenter le troisième et dernier détective, je préciserai que cette scène sera aussi l'une de celles que Nick West reprendra, dans un esprit parodique par Nick Westen 1970 The Mystery of the Coughing Dragon/Le Dragon qui éternuait (14ème tome)
 
C.Bob Andrews/Andy:
1.Identité:

  Comme Peter, Bob voit son nom de famille transformé de "Andrews" à "Andy". Il sera très rarement, surtout pas ses parents, appelé Robert, même si la traduction ne suit pas. Comme par exemple dans la toute première réplique de la série prononcée par Mrs. Andrews ("Robert? Is that you?"/"C'est toi, Bob?").

Jacques Poirier, 1966.

2.Apparence physique et vestimentaire:

  Si l'on se réfère encore à la présentation d'Hitchcock, Bob est:

  "small but wiry, [...] something of a scholarly type, although with an adventurous spirit."

  "petit et maigre. A le voir, on le prendrait pour un "fort en thème". Cela ne l'empêche pas d'avoir le goût du risque."

Le traitement de Bob par les illustrateurs est très particulier. Comme sa couleur de cheveux n'est pas précisée, Harry Kane le dessinera châtain/brun et sans lunettes, habillé de façon similaire au Hannibal de Jacques Poirier (chemise sous un pull) dans ce premier volume. Il y aura des changements dans les deux volumes suivants, vous verrez...

Harry Kane (Détail), 1964.
Jacques Poirier (Détail), 1966.

 
  Du côté français, Jacques Poirier se le représente dès le début brun, avec des lunettes et en costume cravate (ce qui pour certaines enquêtes ne sera pas crédible), pour concrétiser l'apparence d'intello. C'est d'ailleurs presque trop caricatural, puisque ça correspond à une allure que l'on pourrait donner à un bibliothécaire typique, ce qu'il est d'ailleurs, comme on le découvre dès la première page (Chapitre 1):

3.Brave et rigoureux:

  "How was the library?" [Mrs. Andrews] asked.
  "It was okay," Bob told her. After all, there was never any excitement at the library. He worked there part time, sorting returned books and helping with the filing and cataloguing."

  "Ça a bien marché, à la bibliothèque?
  -Impeccable", répondit Bob.
  Pour gagner un peu d'argent de poche, il travaillait quelques heures par semaine à la bibliothèque municipale où il rangeait les livres et faisait des fiches. Ce n'était jamais particulièrement folichon."

  Et le rôle que Jupiter/Hannibal lui attribuera, toujours dans le premier chapitre, dans l'agence lui conviendra pour cette même raison:

  "That's fine with me," Bob said. "With my library job it will be easy for me to do research"

  "Je suis déjà bibliothécaire, alors ça colle parfaitement, acquiesça Bob."

  Fonction qui sera immédiatement mise en pratique à la fin du même chapitre:

  "[...] And you, Bob," Jupiter went on, "as long as you are going to be at the library tomorrow, look in the old newspaper and magazine files for information about this."
  He wrote two words - Terror Castle - on the back one of the business cards and handed it to Bob [...]."

  "[...] Toi, Bob, puisque, de toute façon, tu seras à la bibliothèque, cherche-moi donc, dans les vieux journaux et les revues, des informations sur..."
  Il griffonna quelques mots au dos d'une des cartes nouvellement imprimées et la tenditr à Bob qui lut:
  "Le Château des Épouvantes."

Illustration malaise.
  Le Chapitre 3 sera consacré à son tout premier rapport et quelques indications ponctuant le dialogue entre les trois compères, révèlent une personnalité rigoureuse et organisée:

  "Bob started to open the large brown envelope he had brought with him."/"en ouvrant la grande enveloppe qu'il avait apportée et qui était pleine de fiches."
  "Bob took a number of papers from the envelope."/"Bob retira de l'enveloppe les fiches qu'il avait rédigées."
  "Bob checked his notes."/"Bob consulta ses notes."

  En ce qui concerne son "adventurous spirit"/"goût du risque", on en trouve une paraphrase, une confirmation dans les propos de Jupiter/Hannibal au début Chapitre 13:

 "Bob has the heart of a lion, despite his small stature," Jupiter said."

  La traduction française incluera cependant Peter dans les compliments d'Hannibal:

  "Vous êtes plus courageux que vous n'en avez l'air, déclara le détective en chef."

4.Obéissant mais pas trop:

  Il parait donc un meilleur petit soldat, doué d'une meilleure volonté que Peter. Toutefois, je peux relever deux occasions où il joue le contradicteur face à Jupiter/Hannibal. A commencer dans le premier Chapitre lorsqu'il doute de l'accessibilité de quelqu'un comme Alfred Hitchcock:

  "Sure," Bob said with rich sarcasm. "I suppose we are going to march into the office of one of the most famous movie producers in the world and say, 'You sent for us?'"

  "Bien sûr, fit Bob sarcastique. Nous allons entrer à la queue leu leu dans le bureau de l'un des plus célèbres metteurs en scène du monde et lui dire: "Bonjour, patron. On embauche?""

  Ou encore au Chapitre 13, après son expédition au château avec Pete:

  "Did you expect me to walk down and photograph a shimmering blob playing an organ that can't be played?" Bob sounded a little sarcastic."

  "Quoi! Tu te figures que j'allais photographier le Spectre Bleu? "Une photo, s'il vous plait, monsieur le Spectre. Le petit oiseau va sortir!""

NOTE: malgré le sarcasme conservé et adapté, l'allusion à l'orgue est omis.

  Et n'oublions pas qu'il se range aux côté de Pete lors du vote pour l'annulation de l'enquête au Chapitre 11.

5.Sa blessure à la jambe et la traduction française à partir de 1979:

  L'une des particularités de Bob et l'une des principales raisons pour laquelle il vaut mieux qu'il ne soit pas toujours sur le terrain est une blessure à la jambe. Il n'est pas précisé laquelle, mais beaucoup de détails nous sont donnés par Robert Arthur:

  "When he was riding a bicycle, the brace on his leg bothered him scarcely at all. He had "won the brace", as Dr. Alvarez put it, by foolishly trying to climb one of the hills near Rocky Beach all alone. Rocky Beach is built on a flat spot, with the Pacific Ocean on one side and the Santa Monica Mountains on the other.
  As mountains, they might be considered a bit small, but as hills they are very big. Bob had rolled down some five hundred feet of slope and wound up with his leg broken in umpteen places. A new record, the hospital assured him. However, Dr. Alvarez said that eventually the brace could come off and he would never know he had once worn it. Although it was sometimes a nuisance, it didn't really bother him most of the time."

  "L'appareil, qu'il portait à la jambe depuis qu'il se l'était cassée au cours d'une petite tentative d'alpinisme, ne le gênait guère pour pédaler."

   Dans le texte original, il est mentionné qu'il s'est blessé dans les montagnes qui bordent la ville de Rocky. La traduction omet tous les détails géographiques, la chute proprement dite (qui est de cinq cents pieds, c'est-à-dire environ cent cinquante mètres, en pente, sinon Bob n'aura même pas eu le temps d'être un personnage vivant de la série), sa prise en charge par le Dr. Alvarez (qui sera aussi cité à l'occasion de la blessure de Jupiter/Hannibal au Chapitre 11... pour être oublié là aussi par la traduction.) et pour finir l'éventualité prochaine que l'appareil pourra être ôté.

  Alors que l'illustrateur Jacques Poirier n'a pas pris ce détail en compte dès 1966, Harry Kane a choisi de dessiner l'appareil à la jambe gauche comme on peut le percevoir sur l'illustration plus haut ainsi que sur celle ci-dessous:

Harry Kane (Détail), 1966.

  Dans cette partie même de mon article, je me dois d'aborder le sujet de la traduction sur cette blessure et l'appareil orthopédique que porte Bob dans la version originale. Le texte français repris ci-dessus figure dans la première version de 1966, à savoir éditée par Hachette, dans la collection "Idéal-Bibliothèque". Il se trouve que Au Rendez-vous des Revenants a été réédité en 1979 avec d'autres illustrations de Jacques Poirier (j'en ai déjà intégré quelques unes), ce qui est une excellente chose pour les collectionneurs.
  Cependant si l'on se penche sur la traduction comme je l'ai fait, on ne manque pas de remarquer de petites révisions... et elles concernent toutes le handicap de Bob.
  Jusqu'ici je ne nommais pas qui s'était chargé de la tracduction de cette première aventure. En fait, l'attribution en est un peu ambigue, car si la version de 1966 et de 1979 crédite Tatianna Bellini, les rééditions ultérieure crédite Vladimir Volkoff.
  Je n'ai trouvé absolument aucune information (ça reste relatif, je me suis contenté d'internet) sur la première excepté les volumes de cette série qu'elle aurait traduits. Vladimi Volkoff était déjà plus reconnu et l'on sait qu'il a beaucoup utiliser des pseudonymes. "Tatiania Bellini" est-il l'un d'entre eux? Et les éditions les plus récentes sont-elles une sorte de confession? Dans le doute et n'ayant aucune preuve définitive, je me référais au traducteur avec les deux noms couplés Bellini/Volkoff.
  Ceci dit, j'ignore qui est responsable des révisions niant la blessure de Bob. Est-ce Claude Voilier, traductrice attitrée de la série en 1979?
  En tout cas, je ne peux que vous soumettre la liste des occurrences. Vous constaterez que la version originale de 1966 ne dévie jamais du texte de Robert Arthur alors que celle de 1979 change le texte avec tant de mauvaise foi que cela en devient parfois comique. Personnellement, jé désapprouve ces révisionsJe vous laisse apprécier et juger:

CHAPITRE 1:
Texte original: "When he was riding a bicycle, the brace on his leg bothered him scarcely at all."
Trad. de 1966: "L'appareil, qu'il portait à la jambe [...] ne le gênait guère pour pédaler."
Trad. de 1979: "A force de parcourir des kilomètres dans le voisinage, il avait acquis des jambes de coureur professionnel..."

Texte original: "As you are at present somewhat handicapped in shadowing suspects or climbing fences and similar duties [...]"
Traduction de 1966: "Quant à toi, Bob, handicapé comme tu l'es actuellement en ce qui concerne les filatures de suspects, les franchissements de grilles, etc."
Traduction de 1979: "Quant à toi, Bob, puisque tu ne sembles pas particulièrement attiré par la filature de suspects, les franchissement de grilles [...]".

CHAPITRE 3:
TO:  "[Bob] crawled as fast as his brace would let him through the pipe."
1966:  "[Bob] rampa dans le tuyau aussi vite que son appareil le lui permettait."
1979: "[Bob] rampa dans le tuyau, en s'aidant des coudes et des genoux."

CHAPITRE 12:
TO: "[Worthington] had helped Bob over the worst rocks."
1966: "[Warrington] avait aidé Bob à escalader les plus gros rochers."
1979: [Warrington] avait regardé les garçons escalader les rochers." (Ici, on passe d'un rôle actif à un rôle passif du chauffeur de la Rolls.)

TO: "Bob limped over to the window." "To limp" signifie "boîter"
1966 et 1979: "Bob courut à la fenêtre". La première traduction efface déjà ce détail.

TO: "They went down the narrow, winding stairs faster than Bob thought possible with the brace on his leg."
1966: "Ils descendirent l'escalier plus vite que Bob ne l'aurait cru possible avec l'appareil qui lui maintenait la jambe."
1979: "Il descendirent l'escalier plus vite qu'ils ne l'auraient cru possible compte tenu de l'état lamentable des marches."

TO: "Bob kept going because Pete wouldn't let him stop."
1966 et 1979: "Bob marchait parce que Peter le tirait en avant." (Il est intéressant ici de voir que la traduction de 1979 calque celle de 1966, alors que cette phrase est une allusion indirecte au handicap de Bob qu'elle cherche à gommer.)

TO: "But Bob's bad leg dragged a little and his foot hit a crack."
1966: "Seulement, Bob traînait tout de même un peu la jambe à cause de son appareil."
1979: "Dans sa panique, Bob ne pouvait plus du tout contrôler ses mouvements."

CHAPITRE 17:
TO: "Because of his leg, Bob had difficulty keeping up with the tall, rangy chauffeur, but Worthington half lifted him round the worst piles of rocks."
1966: "Son appareil gênait Bob pour marcher, surtout pour marcher aussi vite que Warrington qui avait de longues jambes, mais le chauffeur l'aidant à enjamber les rochers éboulés [...]".
1979: "De plus en plus gagné par l'émotion, Bob avait bien du mal à marcher aussi vite que Warrington qui avait de longues jambes, mais le chauffeur l'aidant à enjamber les rochers éboulés [...]".

TO: "[...] leaving Bob to hobble after him as fast as he could."
1966: "[...] suivi de Bob qui avançait comme il pouvait en boitillant."
1979: "[...] suivi de Bob qui se laissa une nouvelle fois distancer."


TO: "Pete out-distanced Worthington, who paused to assist Bob."
1966: "Peter suivait [Hannibal]; Warrington restait derrière pour aider Bob."
1979: " "Peter suivait [Hannibal]; Warrington venait derrière et Bob fermait la marche."

  Il est bien évident que je relèverai les allusions à cette blessure dans le texte original des tomes qui suivent et que je me pencherai sur leur traitement par la traduction française.

II.The Jones Salvage Yard/Le Paradis de  la Brocante et ses secrets:

A.Présentation générale:

  Maintenant que les présentations sont faites et que vous avez désormais une idée claire de qui sont les Three Investigators/Trois jeunes détectives, il est temps de vous présenter le lieu emblématique de la série et ce qu'il dissimule.
  Avant toute chose on peut peut-être déceler une sémantique religieuse dans le nom du bric-à-brac. En effet Salvage possède la même racine que Salvation (le Salut), même s'il ne s'agit que d'objets. La traduction française n'a peut-être pas choisi au hasard le terme de Paradis. Ceci dit c'est juste une hypothèse et je pense que je suranalyse un peu.
  Mme Andrews/Andy ayant délivré le message de Jupiter/Hannibal à son fils, Bob se rend dans le bric-à-brac tenu par Mathilda et Titus Jones, la tante et l'oncle du détective en chef. C'est l'occasion pour la narration de nous livrer de nombreux détail sur ce lieu incoutournable:

  "Getting outside the main section of town, Bob reached The Jones Salvage Yard. It had been called Jone's Junkyard until Jupiter persuaded his uncle to change the name. Now it handled unusual items in addition to ordinary junk, so that people came from miles away when they needed something they couldn't find elsewhere.
  The yard was a fascinating spot for any boy, and its unusual character was obvious from as far away as one could see the board fence that surrounded it. Mr. Titus Jones had used a number of different colours of paint, acquired as junk, to paint the fence. Some of the local artists had helped him, because Mr. Jones was always letting them have some little piece of junk free.
  The whole front section was covered with trees and flowers and green lakes and swans, and even an ocean scene. The other sides had other pictures. It was probably the most colourful junk yard in the country."

  "[Bob] eut rapidement quitté le centre de la ville et atteignit sans encombre le but de son expédition.
  Le Paradis de la Brocante avait été baptisé par Hannibal lui-même. Précédemment, il s'appelait Bric-à-brac. C'était là que M. Jones, l'oncle d'Hannibal, vendait toutes sortes d'objets hétéroclites. Le changement de nom de son établissement lui avait été fort profitable: maintenant, de plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde, on venait faire des affaires au Paradis de la Brocante.
  N'importe quel bric-à-brac, c'est déjà passionnant, mais celui de M. Jones ne ressemblait à aucun, même de l'extérieur. Les palissades qui l'entouraient étaient bariolées de couleurs différentes, grâce à la collaboration des peintres locaux à qui M. Jones était toujours prêt à céder gratis quelque vieux meuble ou quelque vieil outil. Des paysages ornaient le mur de la façade: on y voyait des arbres, des fleurs, des lacs où nageaient des cygnes, ainsi qu'un bout d'océan. Des tableaux décoraient les trois autres côtés du Paradis."

  On continue à suivre Bob lorsqu'il débouche dans un recoin du bric-à-brac bien particulier:

  "[Bob] shoved his bike through and closed the gate. Now he was inside the junk yard, in the corner which Jupiter had arranged as his outdoors except for a roof about six feet wide that ran around most of the fence on the inside of the yard. Mr. Jones kept his better junk under this roof. [...]
  No one could see the boys from the main part of the junk yard where the office was [...].
  [...] Jupiter had, bit by bit, arranged the piles of various types of junk so they hid his workshop from sight. Now he and his friends could have privacy when he was not needed to help his uncle or his aunt."

  "Poussant sa bicyclette, Bob entra et referma la porte dérobée.
  Il se trouvait maintenant à l'intérieur du Paradis, constitué par une vaste cour à ciel ouvert. Cependant, sur le pourtour, un toit de trois mètres de large, raccordé à la palissade, protégeait les pièces de bric-à-brac considérées comme les plus précieuses. C'était sous ce toit [...] qu'Hannibal avait monté son atelier personnel. [...]
  Dans le coin où se tenaient les garçons, personne ne pouvait les apercevoir du reste du Paradis [...].
  [...] Hannibal s'était [...] constitué peu à peu un refuge, en entourant son atelier de piles d'objets divers. Grâce à ce stratagème, les trois garçons pouvaient désormais être tranquilles, à moins que M. ou Mme Jones, n'eussent besoin de leur aide: dans ce cas, ils n'hésitaient pas à l'offrir spontanément."

  Il sera très régulièrement fait mention du travail forcé que la tante Mathilda Jones imposera à nos trois amis. Tous les détails seront fournis dans la série d'articles consacrés à ce personnage.

B.Les Passages Secrets et le Quartier Général:

1.Green Gate One/La Porte Verte numéro 1:

  Mais revenons en arrière, car Bob, selon l'indication du message, n'est pas entré par le portail principal du Jones Salvage Yard, mais par le premier des passage secret élaborés par Jupiter/Hannibal, Green Gate One/la Porte Verte numéro 1:

Jacques Poirier, 1966.
"Bob rode past the front gate, which consisted of two enormous iron gates from an estate that had burned down. He went on almost a hundred yards farther and stopped near the corner, where the fence showed a green ocean with a two-masted sailing ship foundering in a raging storm. Bob dismounted and found the two green boards Jupe had made into a private gate. That was Green Gate one. He pushed against the eye of a fish that was looking out of the water at the sinking ship, and the boards swung up."

  "Bob dépassa l'entrée principale - une grille monumentale, rachetée dans une propriété voisine - et ne s'arrêta que cent mètres plus loin, juste avant le coin, à l'endroit où la fresque représentait une mer déchaînée et un voilier en perdition. Bob sauta à terre devant les deux planches dont Hannibal s'était fait une entrée secrète appelée Porte verte numéro un. L’œil d'un poisson qui filait entre deux eaux dissimulait un poussoir. Bob y appuya l'index; les planches pivotèrent."

  Le texte français précisait par un ajout que ce passage mène directement cers l'atelier caché ("dans l'angle sur lequel donnait la Porte verte numéro 1")

  Si l'on observe bien l'ilustration de Jacques Poirier ci-dessus, on réalise qu'elle est quelque peu erronée. Le dessin représentant le bateau en pleine tempête et le poisson grâce auquel s'ouvre le passage secret sont censés figurer sur la pallissade à l'extérieur. Or, Jacques Poirier dessine Bob à l'intérieur du bric-à-brac, avec le portail ouvert en arrière-plan.

2.Tunnel Two/Tunnel numero 2:

  On découvre, encore du point de vue de Bob, un deuxième passage secret au Chapitre 3, le Tunnel Two/Tunnel numéro 2 qui donne accès au Quartier Général ou P. C. des trois détectives:

Jacques Poirier, 1966.

 "[...] But Jupiter and Pete were not in their workshop.
  Bob had expected that. He went behind the little printing press and moved aside a section of old iron grating that seemed merely to be leaning against the bottom of a work-bench. Behind the grating lay a very long, large galvanised pipe. He ducked into the open end of the pipe, pulled the grating back into place, then crawled as fast as his brace would let him through the pipe. This was "Tunnel Two," one of several secret entrances the boys could use to enter "Headquarters." It ended at a wooden panel. He pushed on the panel and it swung up. He was inside Headquarters.
  Headquarters was a thirty-foot mobile home trailer that Titus Jones had bought for junk a year earlier. It had been badly damaged in a crash, and he hadn't been able to sell it because of the great dents in the frame. So he had allowed Jupiter to use it for a kind of office.
  In the course of the year, the three boys, with the help of Hans and Konrad, had gradually piled heaps of junk all round the outside of the trailer. Now, from the outside, it was entirely hidden by piles of steel bars, a section of a dilapidated fire escape, and some stacks of wood and other material.
  Mr. Jones had apparently forgotten all about its existence. And no one but the boys themselves knew that they had equipped the now well-hidden trailer as an office, laboratory and photographic darkroom, with several hidden entrances.
  When Bob crawled out of the pipe, Jupiter was sitting in a rebuilt swivel chair behind a desk that had had one end scorched in a fire. (All the equipment in Headquarters had been rebuilt from junk.) [...]."

Jacques Poirier, 1979.

  "[...] Quant à Hannibal et à Peter, ils n'étaient pas visibles.
  Bob ne s'attendait pas à autre chose. Il passa derrière la presse à imprimer et écarta un vieux morceau de grillage qui paraissait simplement appuyé contre un établi. Derrière le grillage, apparaissait l'extrémité d'un large tuyau galvanisé. Bob se mit à quatre pattes, replaça le grillage, et rampa dans le tuyau aussi vite que son appareil le lui permettait. Lorsqu'il parvint au bout du "Tunnel numéro 2", il poussa une plaque de bois qui céda aussitôt. Encore un petit effort, et Bob avait accédé au "P. C.".
  Le P. C. était une roulotte accidentée que M. Jones avait achetée l'année précédente. Il n'avait pu la revendre, car le châssis était trop endommagé, et l'avait abandonnée à son neveu pour qu'il y installât une sorte de bureau.
  En douze mois, Hannibal et ses deux amis, avec l'aide de Hans et de Konrad, avaient empilé autour de la roulotte tant de débris divers, qu'elle était maintenant entièrement cachée. M. Jones paraissait avoir tout oublié d'elle, jusqu'à son existence. Et les trois garçons étaient seuls à savoir qu'ils l'avaient pourvue d'un laboratoire photographique et de plusieurs entrées secrètes.
  Lorsque Bob sortit de son tuyau, Hannibal trônait sur un fauteuil bancal, derrière un bureau ministre ravagé par un  incendie [...]."

3.Easy Three/Confort numéro 3:

  Et puis c'est au tour de Easy Three/Confort numéro 3 d'être utilisé au Chapitre 6. Au moment où je rédige cet article, j'ai relu vingt tomes de la série et je peux affirmer que ce passage est de loin le moins utilisé:

  "Jupiter led them through "Easy Three", their code name for the easiest entrance to Headquarters. It was a big oak door, still in its frame, which seemed to be leaning against a pile of granite blocks from a demolished building.
  Jupiter walked over and fished a big, rusty iron key out of a box of junk, where no one would have given it a second look. He unlocked the oak door, pulled it open, and they ducked in.
  Now they were in an old iron boiler that had come from some monster steam engine. They walked through it, slightly stooped, and at the other end crawled through a round door directly into Headquarters."

  "Cette fois, les garçons passèrent par "Confort numéro 3", l'entrée la plus commode pour gagner le P. C. C'était une grande porte en chêne, avec son cadre, qui paraissait simplement adossée à un tas de parpaings.
  Hannibal tira une grande clef rouillée d'une boîte de ferraille où personne n'aurait songé à la chercher, ouvrit la porte, et entra, suivi de ses amis.
  Après être passés par une immense chaudière provenant d'une machine à vapeur, et avoir pris la peine de se courber en deux pour en ressortir, ils se glissèrent dans une chatière circulaire et aboutirent au P. C."

  Il existe un quatrième passage secret mais il ne sera pas utilisé au long de ce roman. J'aurais l'occasion de parler de Red Gate Rover dans le prochain article principal.
  A l'aide de toutes les indications du texte, un internaute a établi un plan du Jones Salvage Yard/Paradis de la Brocante. J'en citerai la source dès que je l'aurais retrouvée.


III.La Participation d'Alfred Hitchcock:

A.Robert Arthur, Alfred Hitchcock et les Three Investigators:

  Le troisième axe important de ce roman primordial est un personnage du monde réel, le  célèbre réalisateur Alfred Hitchcock (après le décès de celui-ci, l'édition parue aux États-Unis en 1985, l'a remplacé par un réalisateur fictif nommé Reginald Clarke afin de ne pas avoir à réécrire une partie du roman. Random House rééditera les trente premiers volumes en effaçant toutes les mentions au célèbre réalisateur qui sera remplacé par un écrivain, Hector Sebastian, pour les introductions. Source: TunnelTwo.com). Il faut rappeler tout d'abord que les titres américains avaient soi-disant comme auteurs "Alfred Hitchcock and The Three Investigators" (du moins jusqu'au trentième tome, à cause du décès de cette figure incontournable du cinéma, il a fallu apporter un petit changement). En réalité, Hitchcock n'a jamais écrit un mot pour la série, mais Robert Arthur avait obtenu son autorisation pour utiliser son nom et son image. En ce qui concerne l'édition française, la série est attribué directement à Hitchcock et de nombreux gamins l'ont pris pour argent comptant.
  Ceci dit, tout le concept de la série créée par Robert Arthur consiste en une ingénieuse mise en abyme dont l'origine s'exécute en plusieurs temps dans The Secret of Terror Castle/Au Rendez-vous des Revenants. Les extraits sont particulièrement longs, mais ils sont primordiaux non seulement pour expliquer le partenariat qui se créé mais aussi pour donner un aperçu de l'ambiance humoristique de la série. Le tout est d'ailleurs si bien ficelé que je vais devoir faire parfois m'arrêter sur des points bien précis.

B.Mise en abyme:

1.Premières décisions:

  A la fin du Chapitre 1, le chef des détective finit d'officialiser la création de l'agence:

 "The Three Investigators are now in business," Jupiter announced, looking satisfied."

  "Les Trois Jeunes détectives ont commencé à travailler, constata Hannibal d'un air satisfait." 

  Mais les choses ne pas aussi simples que ça, car ils, enfin Jupiter/Hannibal vise très haut. Il compte proposer ses services à Alfred Hitchcock malgré les premiers obstacles qui se présentent déjà à eux:

 "That's great," Bob said [...]. "Now we'd be in business if we only had a case to investigate."
  Pete looked important.
  "Bob," he said, "we've got a case!"
  "Correction," Jupiter said. [...] Unfortunately, [...] one small obstacle remains. There is a case available for us - one I feel we can easily solve - but we have not yet been engaged."
  "What is the case?" Bob asked eagerly.
  "Mr. Alfred Hitchcock is looking for a real haunted house for his next picture," Pete said. [...]
  "A haunted house?" Bob frowned. "How can you solve a haunted house?"
  "We can investigate the haunted haunted house and find out if it is really haunted or not. The publicity will get our name known and The Three Investigators will be launched."
  "Only Mr. Hitchcock hasn't asked us to investigate any haunted houses for him," Bob said. "Is that what you call a small obstacle?"
  "We shall have to persuade him to engage our services," Jupiter said. "That's the next step [...]. I have already telephoned Mr. Hitchcock for an appointment."
  "You have?" Pete asked, looking as surprised as Bob. "And he said he'd see us?"
  "No," the stocky boy admitted. "His secretary wouldn't even let me talk to him."
  "That figures," Pete said.
  "In fact, she said she would have us arrested if we came anywhere near him," Jupiter added." It turns out that Mr. Hitchcock's temporary secretary this summer is a girl who used to go to school here in Rocky Beach. She was a number of grades ahead of us but you should remember her. Henrietta Larson."
  "Bossy Henrietta!" Pete exclaimed. "You bet I remember her."
  "She used to help the teachers and boss all the little kids around," Bob added. "Do I remember! If Henrietta Larson is Mr. Hitchcock's secretary, we'd better forget it. Three tigers couldn't get past her."
  "Obstacles," Jupiter replied, "are what make life interesting. Tomorrow morning we will all drive to Hollywood and call on Mr. Hitchcock in our new temporary car.
  "And have Henrietta set the police on us?" Bob yelled."

  "Sensationnel, dit Bob [...]. Maintenant, il ne nous  manque plus que quelque chose à détecter."
  Peter prit un air inspiré:
  "Tu te trompes, Bob. Nous tenons un mystère."
  [...] "Rectification! intervint [Hannibal]. Nous ne le tenons pas encore, c'est-à-dire que nous en connaissons l'existence mais que nous n'avons pas été engagés pour l'éclaircir. Il y a un petit obstacle.
  -De quoi s'agit-il? demanda Bob, tout ouïe.
  -Pour son prochain film, M. Alfred Hitchcock cherche une vraie maison hantée, expliqua Peter [...]."
  -Une maison hantée? questionna Bob, le sourcil froncé. On ne la détecte pas. En quoi veux-tu que ça nous concerne?
  -Nous pouvons chercher à savoir si telle maison est vraiment hantée ou non. Dans un cas comme dans l'autre, cela nous fait de la publicité et voilà notre firme lancée!
  -Peut-être, mais Hitchcock ne nous a jamais demandé de travailler pour lui, objecta Bob. C'est ce que tu appelles "un petit obstacle"?
  -Il s'agit simplement de le convaincre d'avoir recours à nos services, répliqua Hannibal. Nous allons nous y employer. [...] J'ai déjà téléphoné à M. Hitchcock pour m'entendre sur un rendez-vous à notre convenance mutuelle.
  -Et il t'a répondu qu'il acceptait de te voir, s'étonna Peter.
  -Non, reconnut Hannibal sans se démonter. A vrai dire, sa secrétaire ne m'a pas laissé lui parler.
  -Ça promet! remarqua Peter.
  -Bien mieux, elle m'a menacé de nous faire tous arrêter si jamais nous tentions de le voir, précisa Hannibal. Voyez-vous, la secrétaire temporaire de M? Hitchcock se trouve être une fille de notre bonne ville de Rocky, ezt elle a fait ses études dans le même lycée que nous. Vous vous la rappelez certainement. Elle s'appelle Henrietta Larson.
  -Henrietta Trouble-fête! Tu parles si je me la rappelle! s'écria Peter.
  -Quand il s'agissait d'ennuyer les plus jeunes qu'elle, elle était pire que les pions, renchérit Bob. Si Henrietta Larson est la secrétaire de Hitchcock, nous pouvons faire notre deuil de toutes tes maisons hantées. Cette fille ferait peur à des tigres.
  -Les obstacles, répliqua Hannibal, ont été inventés pour qu'on les surmonte. Demain matin, nous nous rendrons à Hollywood, dans notre automobile, et nous ferons une visite à M. Hitchcock.
  -Pour que Henrietta nous mette la police aux trousses? protesta Bob."

  On verra que les premiers tomes sont censés se dérouler en été et les allusions à l'école sont plutôt rares. L'extrait ci-dessus mentionne un personnage familier au trois détectives. J'aime particulièrement ces apparitions autres que Skinny Norris, ces personnages qui pourraient être récurrents, habitant Rocky Beach, mais qui ne se révèlent malheureusement que ponctuels.

2.L'imitation de Jupiter/Hannibal:

a.Premier obstacle - Le garde:

  Dans l'extrait du Chapitre 2 ci-dessous, Jupiter/Hannibal utilise pour la première fois son talent de comédien et d'imitation. On y trouve également, comme évoqué plus haut, la réaction de surprise de Pete qui n'est qu'à moitié traduite. L'illustration d'Harry Kane prend ces deux choses en compte:

Harry Kane, 1964.
  "Jupe," [Pete] said, "I wish you'd tell me how we're ever going to get through the studio gate. You
know perfectly well all studios have walls and gatemen just to keep out people like us. We'll never get inside."
  "I have a strategy in mind," Jupiter said. "I only hope it will work, for we seem to have arrived."
  They were driving past high stucco walls that extended for a full two blocks. A sign on top said: WORLD STUDIOS. The wall was there for just one reason - to keep people out, as Pete had said.
  In the centre was a tall iron gate that stood open. A man in uniform sat in a small cubbyhole beside it. Worthington swung the Rolls into the driveway, and the guard jumped up. "Hey, wait a minute!" he yelled. "Where're you going?"
  Worthington stopped the car. We are calling on Mr. Alfred Hitchcock."
  "You have a pass?" the guard asked.
  "We did not expect to need a pass," Worthington replied. "The master telephoned Mr. Hitchcock."
  Which was perfectly true, of course. Even if Mr. Hitchcock hadn't answered.
  "Oh." The Guard scratched his head uncertainly. Jupiter lowered the window on his side and leaned out.
  "My good man," he said, and Pete almost jumped, because Jupe was speaking in a rich, English accent he had never used before but must have practised in secret. "My good man, what seems to be the delay?"
  "Gleeps!" Pete whispered to himself. He knew that Jupe had been an actor in television when he was just a tiny kid, and he had a real talent for impersonations, but Pete had never seen him do this one before.
  By puffing out his cheeks and lips a bit and looking down his nose, Jupe had turned into a dead ringer for Alfred Hitchcock himself! A rather impertinent young Alfred Hitchcock, of course, but nobody could miss the resemblance."
  "Uh - I have to know who's calling on Mr. Hitchcock," the guard said nervously.
  "I see." Jupiter gave him another down-to-nose look. "Perhaps I had better phone my uncle."
  He took out the gold plated telephone, pressed the button and asked for a number. It was the number of The Jones Salvage Yard. Jupiter was really calling his uncle.
  The guard took one more look at the amazing car and at Jupiter Jones using the gold telephone.
  "Uh, you just go on in," the guard said hurriedly. "I'll phone you're on your way."
  "Thank you," Jupiter said. "Drive on, Worthington."

Jacques Poirier, 1966.

  "Babal, souffla Peter, tu sais parfaitement que tous les studios sont entourés de murs, que ces murs ont des grilles, ces grilles des gardiens, et ces gardiens une mission: ne pas laisser entrer les gens comme nous.
  -J'ai mis au point une tactique, répondit Hannibal. J'espère qu'elle sera efficace."
  "Déjà, la Rolls longeait un mur orné de stuc et surmonté de l'inscription WORLD STUDIOS. La grille était ouverte et la voiture s'y engagea dans l'allée sans que le chauffeur marquât d'hésitation. Mais, effectivement, il y avait un gardien, qui ne manqua pas de hurler:
  "Hep, là-bas! Stop! Où allez-vous?"
  Warrington freina.
  "Chez M. Hitchcock.
  -Vous avez un laissez-passer?
  -Nous ignorions qu'il en fallût un. Monsieur a appelé M. Hitchcock au téléphone."
  Ce qui était vrai. Si M. Hitchcock n'avait pas répondu, quelle importance?
  "Hum!" fit le gardien en se grattant le crâne.
  Hannibal baissa la vitre et passa la tête à l'extérieur:
  "Eh, bien mon brave, demanda-t-il au gardien, de son accent le plus britannique et le plus distingué, pourquoi me fait-on attendre?"
  Peter retint son souffle. Hannibal avait gonflé ses joues déjà volumineuses et, louchant vers le bout de son nez, il s'était composé une tête à la Hitchcock! La ressemblance était frappante.
  "Euh..., bredouilla le gardien. Il faut que je sache qui vient voir le patron, moi."
  Hannibal le toisa.
  "Il me semble, dit-il que je ferais mieux de téléphoner à mon oncle."
  Et se saisissant du téléphone plaqué or, il appuya sur le bouton et demanda un numéro. Le numéro de son oncle, d'ailleurs, à savoir celui du Paradis de la Brocante.
  "Bob, bon, passez, fit le gardien. Je vais appeler le bureau pour dire que vous arrivez.
  -Merci, mon brave. Roulez, Warrington."

T. Yamamoto, 1968.

b.Second obstacle - Henrietta Larson:

  Malheureusement, Henrietta Larson n'aura pas le privilège d'être illustrée pour cette unique apparition. Son hostilité envers les détectives est nourrie par l'imitation de Jupiter/Hannibal, et c'est elle-même qui, paradoxalement, poussera Hitchcock à recevoir les deux amis:

  "Jupe led the way up the one step, and through the screen door into the air-cooled reception room. A blonde girl behind a desk was just putting down the phone. Pete had trouble recognising the grown-up Henrietta Larson, but as soon as she spoke he knew her.
  "So!" Henrietta put her hands on her hips and looked at Jupiter Jones. "You're here, are you? Impersonating Mr. Hitchcock's nephew! Well, now we'll see just how long it takes the studio police to get rid of you."
  Pete's heart sank to his socks as she reached for the telephone again."Wait!" Jupiter said.
  "Wait for what?" Henrietta Larson asked scornfully. "You got in here by telling the guard at the gate you're Mr Hitchcock's nephew - "
  "No, he didn't." Pete defended his partner. The guard just jumped to conclusions."
  "You keep out of this," Henrietta warned Pete. "Jupiter Jones is a public nuisance and I'm going to see he's taken care of."
  She bent over the telephone again. Jupiter spoke once more.
  "It is never wise to act hastily, Miss Larson," he said, and Pete jumped. Jupiter was using that rich English voice again, and in the space of a moment he had returned to the appearance which had so impressed the gateman - the appearance of a very youthful Alfred Hitchcock.
  "I feel sure Mr. Hitchcock would be interested in seeing this display of my acting talents," Jupiter finished. Henrietta Larson, looking up, dropped the telephone as if it had stung her.
  "Why, you - " she began. "You - " For a moment words seemed to fail her. Then her face became grim. "Yes, indeed, Jupiter Jones, I'm positive Mr. Hitchcock will want to see this display."
  "Ahem... Miss Larson."
  Both boys hastily turned round at the unexpected sound of a voice behind them. Even Henrietta appeared startled. There in the office door stood Alfred Hitchcock himself.
  "Is there something wrong, Miss Larson?" Mr. Hitchcock asked. "I've been ringing for you."
  "It's for you to decide if there is anything wrong, Mr. Hitchcock," Henrietta Larson said. "This young man has something to show you in which I am sure wou will be very interested."
  "I'm sorry," Mr. Hitchcock said. "I can't see anyone today. Send him away."
  "I'm positive you'll want to see this, Mr. Hitchcock," Henrietta Larson said, and there was a tone in her voice Pete did not like at all. Mr. Hitchcock caught it, too, for he looked quizzically at the two boys, then shrugged.
  "Very well. Follow me, lads."

  "Hannibal, suivi de Peter, entra dans la salle de réception climatisée. Une secrétaire blonde, assise derrière un bureau, était en train de raccrocher le combiné du téléphone. A première vue, Peter ne reconnut pas Henrietta Larson, devenue grande et sophistiquée. Mais dès que, mettant ses poings sur les hanches, elle se mit à parler, il put constater que, au moral en tout cas, elle n'avait pas changé.
  "Vous voilà, petits chenapans! glapit-elle. Mais c'est Hannibal Jones! C'est Gros Plein de Soupe. Attends un peu. Tu verras ce que la police des studios va te dire."
  Déjà elle tendait la main vers le téléphone.
  "Un moment, fit Hannibal.
  -Pas de discussion! Tu t'es introduit ici en te faisant passer pour le neveu de M. Hitchcock, et tu...
  -Ce n'est pas vrai, intervint Peter. C'est le gardien qui...
  -Toi, mêle-toi de ce qui te regarde, coupa Henrietta./ Hannibal est un empoisonneur public et il est grand temps que quelqu'un lui rabatte son caquet."
  Une nouvelle fois, elle tendit la main vers l'appareil.
  "Il est généralement imprudent d'agir avec précipitation, mademoiselle Larson, remarqua Hannibal de sa belle voix britannique et distinguée, en gonflant les joues et en louchant vers le bout de son nez. Je suis persuadé que M. Hitchcock s'intéressant à moi, s'il me voyait."
  La ressemblance était telle que Mlle Larson laissa retombé comme s'il l'avait piqué.
  "Tu... tu...", bégaya-t-elle.
  Puis d'un ton sinistre, elle reprit:
  "Oui, je suis persuadée que M. Hitchcock s'intéressera à vous deux, quand il vous verra.
  "Mademoiselle Larson..."
  Une voix venait de retentir derrière eux: les deux garçons se retournèrent. M. Hitchcock en personne se tenait dans l'embrasure de la porte.
  "Que se passe-t-il? Je vous appelle et vous ne répondez pas, dit le grand homme.
  -Ce qui se passe, M. Hitchcock? Il se passe que ce jeune homme veut vous montrer quelque chose qui ne manquera pas de vous intéresser.
  -Désolé. Je n'ai le temps de voir personne aujourd'hui. Renvoyez-le.
  -Je vous assure, monsieur Hitchcock, qu'il est important que vous voyiez cela."
  Le ton sur lequel Henrietta ne plut pas du tout à Peter, mais M. Hitchcock haussa les épaules.
  "Très bien. Suivez-moi, les garçons."

  Cet extrait marque la toute première apparition d'Alfred Hitchcock en tant que personnage de la série.

c.Face à Alfred Hitchcock:

    Jupiter/Hannibal propose officiellement les services des Trois jeunes détectives. Le refus est catégorique mais les propos d'Henrietta Larson jouera le catalyseur à la réussite du stratagème imaginé par le détective en chef, qui réussira, avec beaucoup de psychologie inversée, à convaincre le réalisateur pourtant hostile (ce qui fait écho à l'introduction):

  "[...] Speaking of business, you have not yet stated yours."
  "We want a haunted house for you, sir."
  "A haunted house?" Alfred Hitchcock's eyebrows rose. "What makes you think I want a haunted house?"
  "We understand you want to find an authentic haunted house to use in your next suspense picture, sir," Jupiter said. "The Three Investigators desire to assist you in the search."
  Alfred Hitchcock chuckled. [...]
  "I am sorry, my lad, it is out of the question."
  "We don't want any money, sir," Jupiter said. "But all famous detective have someone write up their cases for people to read - Sherlock Holmes, Ellery Queen, Hercule Poirot, all of them. I have deduced that that is how they become famous. In order to get potential customers to know about The Three Investigators, we will have our cases written up by the father of our other partner, Bob Andrews. He works for a newspaper."
  "Well?" Alfred Hitchcock looked at his watch.
  "Well, Mr. Hitchcock, I thought if you could just introduce our first case - "
  "Quite impossible [...] It occurs to me that you have not been entirely frank. What exactly was it that Miss Larson thought I should see? [...]"
  [...] "This, sir." And once again Jupiter's face seemed to change shape. His voice deepened and took on an English accent, and he became a different individual.
  "It occurred to me, Mr. Hitchcock," he said, in a voice entirely different from his own, "that some day you might wish to have someone portray you as a boy in a motion picture, and if you did - "
  Mr. Hitchcock's brow had wrinkled. His face was dark with displeasure.
  "Monstrous!" he said. "Stop it at once!"
  Jupiter resumed his own identity.
  "You don't think it's a good likeness?" he asked. "I mean, of you when you were a boy?"
  "Certainly not. In any case, I was a fine, upstanding lad, not at all like that gross caricature you just attempted."
  "Then I guess I'll have to practise some more," Jupiter sighed. "My friends thought it was very good."
  "I forbid it! Alfred Hitchcock thundered. "I absolutely forbid it! Give me your promise never again to do that particular impersonation and I... confound it, I'll introduce whatever you write about your case."
  "Thank you, Mr. Hitchcock!" Jupiter said. "Then you want us to investigate the haunted house situation for you?"
  "Oh, yes, yes, I suppose so. I don't promise to use it even if you find it, but investigate by all means. Now get out of here before I lose my last vestige of self-control. I take a very dim view of lads such as you. You are entirely too clever for your own good, young man."
  Jupiter and Pete raced out towards the car, leaving Alfred Hitchcock looking darkly thoughtful as they went."

  "[...] A propos d'affaires, vous ne m'avez pas encore dit ce qui vous amenait ici.
  -Nous voudrions vous trouver une maison hantée."
  Alfred Hitchcock haussa les sourcils.
  "Que voulez-vous que je fasse d'une maison hantée?
  -D'après les informations dont nous disposons, vous en recherchez une, authentique, pour votre prochain film. Les Trois jeunes détectives désireraient vous aider dans vos recherches."
  M. Hitchcock eut un rire sec. [...]
  "Désolé, mon garçon. Je n'ai pas besoin de vos services.
  -Monsieur Hitchcock, nous ne vous demanderions pas d'argent. Simplement, pour nous dédommager de nos travaux, vous accepteriez de présenter le récit de nos aventures, qui serait écrit par le père de notre associé, Bob Andy. Il faut vous dire que M. Andy est journaliste..."
  Alfred Hitchcock regarda sa montre.
  "Tout cela est absolument hors de question. [...] Je me demande si vous avez été entièrement francs avec moi. Mlle Larson considérait qu'il était important pour moi de voir ce que vous aviez à me montrer... [...]"
  [...] -Ceci, monsieur."
  Les joues gonflées, les yeux bigles, l'air impertinent, l'accent britannique, Hannibal s'était de nouveau métamorphosé:
  "J'avais pensé, monsieur, qu'il vous intéresserait peut-être un jour de tirer un film de votre propre biographie et que vous auriez besoin alors, pour les scènes d'enfance...
  -Cessez immédiatement cette comédie intolérable!" tonna M. Hitchcock.
  Hannibal retrouva par enchantement sa propre personnalité.
  "Vous ne trouvez pas que c'est ressemblant? demanda-t-il.
  -Pas le moins du monde! J'étais un jeune garçon svelte et élégant. Rien à voir avec cette grossière caricature que vous campez!
  -Alors il va falloir que je continue à m'entraîner, soupira Hannibal. Mes amis trouvaient que ce n'étaient pas mal.
  -Je vous interdis formellement de jamais recommencer cette ridicule imitation. Si vous me donnez votre parole ne plus jamais la faire, en public ni en privé, je consens à tout.
  -Vous consentez à ce que nous vous cherchions une maison hantée?
  -Oui.
  -Et vous présenterez le récit de nos aventures?
  -Oui, mille fois oui. Maintenant, veuillez quitter la pièce avant que je n'aie perdu le peu de sang-froid qui me reste. Un dernier mot. Je vous signale que n'apprécie pas du tout votre genre. Vous, en particulier, mon jeune ami - M. Hitchcock s'adressait à Hannibal -, vous êtes beaucoup trop malin pour votre âge."
  Prenant à peine le temps de bredouiller des remerciements, Hannibal et Peter regagnèrent leur voiture au pas de course.
  Alfred Hitchcock demeura seul , sombre et pensif."

  Cet extrait, qui conclut le Chapitre 2, comporte deux choses que j'estime important de surligner. Tout d'abord l'allusion de Jupiter/Hannibal à trois figures emblématiques de la littérature policière qui ont aussi la particularité de fonctionner en mise en abyme, une dynamique entre la fiction et la réalité par le biais du rapport de leurs enquête. Malheureusement, Bellini/Volkoff omet ce clin d’œil de Robert Arthur. Et pourtant, au fil de la série, on trouvera régulièrement des allusions de ce genre, Sherlock Holmes assez souvent, mais aussi les écrits d'Edgar Allan Poe, de Ian Fleming avec James Bond, ou dans un autre genre que policier, Lewis Carrol et les aventures d'Alice. La seconde chose importante est que Jupiter/Hannibal octroie le rôle de scribe, comme une sorte de Dr. Watson, au père de Bob. Est-ce pour donner de la crédibilité à sa suggestion aux yeux d'Hitchcock? Certainement, puisqu'il précise que M. Andrews/Andy est journaliste. Cependant, c'est l'unique fois où le rôle de scribe est donné à ce personnage. Ce sera Bob lui-même qui en sera chargé.

IV.Temporalité et transition vers une deuxième enquête:

  Tout à leur joie d'avoir décroché leur première enquête aux services d'un si prestigieux personnage, les Trois jeunes détectives n'en ont pas moins conscience que s'engage alors une course contre la montre. Il ne faut pas perdre de temps et prouver si Terror Castle/Le château des Épouvantes est bel et bien hanté ou non.

A.Fâcheux impondérables:

  A leur grande frustration, différents impondérables vont ralentir les avancées de l'enquête. Malgré deux visites (dont une avortée à cause de l'éboulement) au château et la rencontre avec Jonathan Rex, l'activité au Jones Salvage Yard/Paradis de la Brocante, cumulée à d'autres responsabilités, s'est accrue considérablement comme il nous l'est rapporté au Chapitre 10:

Jacques Poirier, 1966.

  "Jupiter! Mathilda Jones's voice rang out in the California sunshine. "Stack those iron rods against the fence. Peter! Help Jupiter carry the rods. And you, Bob, are you getting a tally of everything?"
  "It was a busy day at The Jones Salvage Yard. Sitting on an overturned bath-tub, busy tallying everything, Bob Andrews wondered if they ever would be able to get into Headquarters for a meeting. It was two days since Jupiter and Pete had interviewed The Whisperer, and they hadn't been able to have a meeting yet.  Mrs . Jones had just been running them ragged. And when she wasn't keeping them busy, he had his own work at the library and Pete had chores to do at home."

"Hannibal!"
  La voix puissante de Mme Jones résonnait sous le ciel de Californie.
  "Hannibal, range ces tiges de fer contre la palissade. Peter, aide Hannibal à les porter. Bob inscris combien il y en a!"
  On ne s'amusait pas, à ce jour-là, au Paradis de la Brocante. Bob, assis sur une cuvette renversée, se demandait si une réunion au P. C. allait enfin être possible. Quarante-huit heures s'étaient écoulées depuis qu'Hannibal et Peter avaient rendu visite au Chuchoteur, et les Trois jeunes détectives n'avaient pas encore tenu la moindre conférence. Mme Jones ne les avait pas laissés chômer [...]. En outre, Bob avait son travail à la bibliothèque, et Peter, des corvées à la maison."

Jacques Poirier, 1979.

  Pour ne rien arranger, Jupiter/Hannibal se blesse bêtement à la fin du même chapitre, le clouant au lit momentanément. L'emploi du temps de Pete et Bob ne sera pas non plus favorable à la continuation de l'enquête, comme on peut le lire au début du Chapitre 11:

  "It was two days since Jupiter had hurt himself."

  "Il y avait deux jours qu'Hannibal avait fait cette chute malencontreuse."

Jacques Poirier, 1979.

  Ce qui provoque chez nos amis de sombres pensées:

  "And there was Mr. Hitchcock, maybe finding another haunted house for his picture.
  It looked as if The Three Investigators were going to be out of business without ever being in business.

  "Et personne ne savait pas si, pendant ce temps, M. Hitchcock n'était pas en train de trouver, par d'autres moyens que ceux des Trois détectives, la maison hantée qu'il recherchait." 

  C'est la raison pour laquelle, pour rattraper le temps perdu, Jupiter/Hannibal impose à ses deux subordonnés, et ce malgré un vote qu'il lui est défavorable, une troisième visite au château des Épouvantes qui sera relatée au Chapitre 12. Le compte rendu que Pete et Bob lui soumette au Chapitre 13 se déroule quelques jours plus tard du encore à des emplois du temps chargés:
  "The Three Investigators were holding their first meeting in three days. Pete had been away on a trip with his father and mother, to visit relatives in San Francisco. And Bob had been swamped with work at the library, re-cataloguing all the books. One other helper was off sick, so Bob had been working days and evenings too. Meanwhile Jupiter had been stuck in bed, letting his ankle heal, and reading books."

  "Les garçons étaient réunis au P. C. pour la première fois depuis trois jours. En effet, Peter était allé avec ses parents faire une visite prolongée à des cousins de San Francisco. Bob avait été surchargé de travail, par suite de la maladie d'un autre aide-bibliothécaire, et Hannibal avait passé son temps au lit à soigner sa cheville et à lire des livres."

  B.Chronologie:

 Ce retard accumulé par le trio m'amène naturellement à établir une chronologie du roman. C'est quelque chose qu'il est important de faire jusqu'au moins The Mystery of the Fiery Eye/Treize Bustes pour Auguste, le septième tome. Ce dernier, en effet, donnera des indications très précises et il me sera important de voir si tout colle depuis le tout début, surtout concernant les trente fameux jours accordés aux détectives pour l'utilisation de la Rolls-Royce conduite par Worthington/Warrington. Cette première enquête se déroule sur 11 jours, c'est-à-dire déjà plus du tiers du temps imparti...

Jour 1- Chapitre 1: création officielle des Trois jeunes détectives.
Jour 2 - Chapitres 2 à 6: Rencontre avec Alfred Hitchcock, première visite au château (Jupiter/Hannibal et Peter) et mystérieux appel téléphonique.
Jour 3 - Chapitres 7 à 9: Deuxième visite au château et rencontre avec Jonathan Rex (Jupiter/Hannibal et Peter).
Jours 4 et 5 - Chapitre 10: Visite de Skinny Norris au bric-à-brac, Jupiter/Hannibal se tord la cheville.
Jours 6 et 7 - Chapitres 11 et 12: Jupiter/Hannibal envoie Peter et Bob au château, troisième visite au chateau (Peter et Bob).
Jours 8, 9 et 10 - Chapitres 13 à 18: Quatrième visite au château, Jupiter/Hannibal et Peter capturés, Bob et Worthington/Warrington à la rescousse et dénouement.
Jour 11 - Chapitre 19: Compte rendu final à Alfred Hitchcock.

C.Déjà une deuxième enquête!:

T. Yamamoto, 1968.

  Aussitôt la mission accomplie, Jupiter/Hannibal et Pete rencontrent une nouvelle fois Hitchcock, pour lui soumettre leur rapport (inachevé à ce moment-là). Le réalisateur les félicite, et même si la glace n'est pas totalement brisée, il a la parfaite opportunité pour tester plus avant leurs capacités:

  "[...] The Three Investigators have done a commendable job, even though you were unable to find me a house haunted by guenuine ghosts. I will stand by my word and introduce your account of the case when it is written."
  "Thank you, sir," Jupiter said. "It will mean a lot to The Three Investigators."
  "[...] But tell me, what are your plans now?"
  Pete was tempted to speak up and say their plans were for a little peace and quiet, getting over some of the harrowing moments that Terror Castle had provided. But Jupiter spoke first.
  "We are investigators, Mr. Hitchcock. We will start looking for another case at once."
  The director eyed him shrewdly.
  "I don't suppose you're planning to come back and ask me to introduce your second case, when you get one, are you?" he demanded.
  "No, sir," Jupiter said with dignity. "I had no such idea in mind. However, if you would be willing to do so - "
  "Not so fast, young man!" Mr. Hitchcock thundered, and Jupiter subsided. "I said nothing of the sort. Nothing whatever of the sort."
  "No, sir," Jupiter said meekly.
  The director glowered at him for a moment, then continued.
  "I had in mind," he said at last, "to suggest a case for you. An old friend of mine, a former Shakespearian actor, has lost his parrot. He was very much attached to the parrot. The police apparently are of no help. You have shown - I must confess it - a certain ingenuity. Perhaps you can help him find his parrot. Unless" - he gave Jupiter and Pete a frown - "hunting for lost parrots is too tame a task for The Three Investigators."
  "No, sir!" It was Pete who spoke this time. If they had to go on a case, hunting for a lost parrot sounded to him like just about as much excitement as he cared for at the moment. "our motto is, 'We investigate anything'."
  "We will be glad to try to help your friend, sir," Jupiter said.
  [...] "In that case," he said, "I will also introduce this case for you."
  "Thank you, sir!" the boys said in unison.
  "But only on one condition!" the director stated firmly. "It has to be a case worth writing about. Obviously, simply finding a lost parrot, even if it is a parrot that stutters, is not enough to warrant writing a book about. If the case turns out to be a simple and easy one, naturally I shall have nothing further to do with it or with The Three Investigators."
  [...] "Yes, sir!" Jupiter replied. "I've never heard of a stuttering parrot before. Come on Pete, we've got our second case!"

Jacques Poirier, 1966.


  "[...] Les Trois jeunes détectives ont mené une enquête fort honorable, encore que vous ne soyez pas parvenus à découvrir une maison hantée véritablement authentique. De mon côté, je tiendrai parole, et j'écrirai une introduction pour le récit de votre aventure lorsqu'il sera rédigé.
  -Merci, monsieur, dit Hannibal. Ce sera une excellente publicité pour les Trois jeunes détectives.
  - [...] Parlez-moi de [vos projets]."
  Peter fut tenté de prendre la parole et de déclarer que leurs projets étaient tout de calme et de base-ball, après les aventures, qu'ils avaient vécues au château des Épouvantes, mais Hannibal répondit le premier:
  "Nous sommes des détectives, monsieur. Nous allons immédiatement nous mettre à la recherche d'une autre affaire."
  M. Hitchcock le regarda attentivement:
  "Vous n'avez pas la prétention, j'espère, de me faire présenter aussi le récit de votre deuxième enquête?
  -Non, monsieur, répliqua dignement Hannibal. Telle n'était pas mon intention. Cependant, si vous acceptez de le faire...
  -Pas si vite, jeune homme! tonna M. Hitchcock. Je n'ai jamais rien dit de tel.
  -Rien, monsieur", reconnut humblement Hannibal.
  Le producteur le considéra quelques instants en silence, puis il reprit:
  "L'idée m'est venue de vous proposer l'affaire suivante. Un de mes vieux amis, ancien acteur shakespearien, a perdu son perroquet auquel il tenait beaucoup. La police n'a rien découvert. De votre côté, vous avez fait la preuve, je dois le reconnaître, d'une certaine ingéniosité. Peut-être pourriez-vous l'aider à retrouver son perroquet? A moins que (ici, M. Hitchcock fronça le sourcil) la recherche d'un perroquet ne paraisse une mission trop terre-à-terre aux Trois jeunes détectives.
  -Certainement pas, monsieur Hitchcock! s'écria Peter, qui pensait que, travailler pour travailler, il valait mieux rechercher un oiseau perdu qu'un nouveau château des Épouvantes. Notre devise est: "Détections en tout genre."
  -Nous serons ravis de rendre service à votre ami, monsieur", répondit simplement Hannibal.
  Le grand metteur en scène sourit. [...]
  "Dans ce cas, fit-il, je présenterai aussi votre deuxième affaire.
  -Merci, monsieur, dirent les garçons d'une seule voix.
  -Toutefois, à une condition, précisa M. Hitchcock. L'enquête doit être assez intéressante pour valoir la peine d'être racontée. Il est clair que la simple recherche d'un perroquet, même d'un perroquet qui bégaie, ne mérite pas qu'on y consacre un livre. Si l'affaire se révèle rudimentaire, je ne veux plus entendre parler ni d'elle ni des Trois jeunes détectives.
  [...] - Oui, monsieur. Je n'ai jamais entendu parler d'un perroquet bègue! Viens, Peter: nous tenons notre seconde affaire."

  La conclusion de ce premier roman fait directement référence au deuxième tome The Mystery of the Stuttering Parrot/Le Perroquet qui bégayait. Les deux premiers tomes s'enchaînent donc de façon pertinente.

SOURCES PRINCIPALES:

Illustrations américaines et britanniques: T3I Reader's Site (The Stories).
Illustrations françaises: Scribd (Utilisateur: Claudefermas) (éd. 1966)/Exemplaire personnel (éd. 1979).
Couverture britannique: Worthington's Library.
Illustrations japonaises: Series Book Art - The Thrre Investigators by Ian Regan.
Illustration malaise: duneoworld.

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Scène 4 - Le Fantôme et sa corde.
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Scène 5 - Des détectives en sac à patates.
Hans & Konrad.
Illustrations de couvertures.


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